Stéphane Vincent | (DÉ)FORMATIONS https://deformations.la27eregion.fr Un site utilisant Réseau La 27e région Mon, 13 Mar 2023 15:24:15 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.4.8 https://deformations.la27eregion.fr/wp-content/uploads/sites/16/2020/06/cropped-Icone_site_512x512px-32x32.png Stéphane Vincent | (DÉ)FORMATIONS https://deformations.la27eregion.fr 32 32 Un quizz pour aider les élu.es à faire les premiers pas vers la transition https://deformations.la27eregion.fr/un-quizz-pour-aider-les-elu-es-a-faire-les-premiers-pas-vers-la-transition/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=un-quizz-pour-aider-les-elu-es-a-faire-les-premiers-pas-vers-la-transition Sun, 20 Mar 2022 18:31:28 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=587

Notre enquête a montré que beaucoup d’élu.es se sentaient submergés d’informations sur les enjeux de la transition écologique, et cherchaient désespérément des boussoles pour s’y retrouver. Ce constat vaut dans les collectivités de taille significative -quand bien même elles sont théoriquement équipées pour analyser, filtrer l’information- mais il s’applique au moins autant dans les petites communes dans lesquelles les ressources en ingénierie sont plus rares.

Par quoi commencer ? Comment se poser les bonnes questions ? Comment se positionner à la fois individuellement et en tant que collectif ? Sur quoi faut-il se former et progresser ? Si quelques rares équipes municipales se sont posées ces questions -par exemple en se dotant de chartes ou de stratégies de formation en matière de transition écologique- dans la très grande majorité des cas il manque une étape de diagnostic, ou bien un dispositif qui permettrait de réaliser un instantané sur les représentations portées par les élu.es en matière de transition écologique.

Un quizz à vocation incitative

Pour explorer cette hypothèse, nous avons choisi de réaliser une série de tests autour d’un outil d’autodiagnostic, conçu pour aider les élu.es à identifier d’où ils partent en matière de transition écologique et à se poser les bonnes questions initiales. Cet outil a pris la forme d’un ensemble de questions et de réponses présentées sous la forme d’un quizz -à l’image de ceux que l’on peut trouver dans la presse magazine, c’est-à-dire ludique, sans jargon, lisible au delà des cercles d’experts. Pour chacune des 5 questions posées dans le quizz, l’élu.e choisit parmi les 6 à 7 propositions émises (plusieurs réponses possibles), et en additionnant ses réponses, l’élu.e peut savoir dans quel style d’élu « en transition » il se trouve, : sobriété, lien social, partage du pouvoir, 

L’ambition assumée de cet outil n’était pas de produire un savoir scientifique ou expert, mais plutôt de jouer un rôle incitatif : rassurer les élu.es en leur montrant que, quel que soit leur positionnement actuel, ils ont déjà au moins un pied dans la transition -même si ça ne passe que par des actions tangibles mais peu spectaculaires- et de les inviter à poursuivre dans cette voie.

Une expérience menée de juin 2021 à février 2022

Le test a fait l’objet d’un travail collaboratif rassemblant la 27e Région (Stéphane Vincent), l’Institut Paris Région (Jeanne Rouillard, Alienor Heil-Selimanvski), et des formateurs spécialisés dans la formation des élu.es aux transitions, tout particulièrement La Route en Communes (Ulysse Blau) et formatrice Elisabeth Le Brun, épaulés par l’agence de design Pratico-Pratique (Jeanne Schelle). A partir d’une première maquette du quizz, plusieurs tests successifs ont été réalisés avec des élu.es. Le quizz a été testé dans des contextes variés, tantôt individuellement, tantôt collectivement, et amélioré au fil. A travers ces tests, nous voulions valider ou invalider plusieurs hypothèses :

– Du point de vue des élu.es, il s’agissait de vérifier si le quizz les aidait à mieux se situer individuellement en matière de transition écologique, de mieux voir d’où ils partaient ; il s’agissait aussi de vérifier s’il les aidait à mieux se situer collectivement, par exemple au sein d’un même exécutif ; il s’agissait enfin de vérifier si le quizz encourageait ou non la discussion et provoquait une envie d’agir chez les élu.es qui l’ont rempli ;

– Du point de vue des formateurs ou des intervenants spécialisés travaillant avec les élu.es, il s’agissait de vérifier si le quizz permettait de mieux apprécier quelle était la sociologie des élu.es avec lesquels ils allaient débuter une coopération, et si cette connaissance allait être utile par la suite ;

Plusieurs tests ont été réalisés : avec un élu d’une commune de 1500 habitants du Calvados, puis le maire d’une commune de 1400 habitants de Haute-Loire, puis l’élue développement durable d’une commune de 1000 en Essonne ; Le quizz a ensuite été testé avec le maire d’une commune de 4500 habitants en Gironde, avec une élue en charge de l’environnement d’une commune de 2500 habitants du même département. Les tests successifs ont permis d’apporter au fil de l’eau des améliorations en termes de compréhension, de clarification, de mise en forme, de consignes d’utilisation, et d’améliorer les chances de suivi.

Des enseignements plutôt positifs

La plupart des répondants ont trouvé le quizz à la fois simple et amusant. Ils ont mis en moyenne 12 à 15 mn pour le remplir. 

Certains ont été surpris de voir qu’ils étaient dans une catégorie de réponse, alors qu’ils s’imaginaient dans une autre. Pour plusieurs répondants, le quizz a provoqué de nouvelles réflexions. Ils ont apprécié de pouvoir lire les autres catégories, pour s’inspirer. 

Plusieurs ont manifesté le souhait de partager le quizz avec un ou plusieurs collègues, voire le présenter en conseil municipal. On ne sait pas si des élu.es ont consulté les ressources mentionnées dans les résultats pour aller plus loin, mais tous ont trouvé intéressant qu’elles y soient.

Les élus recherchent des exemples, de la matière. Mais quand on leur en donne (les pistes à creuser à la fin de chaque “profil”), ils ont plutôt tendance à les stocker dans un coin qu’à les explorer tout de suite.

Désacralisée, la transition écologique est accessible. On s’en rend compte grace à ce quizz qui permet de toucher des élus n’ayant pas forcément identifié cette “fibre en eux”.

Pour reproduire cette expérimentation, rien de plus simple, il suffit de transférer le document. Ce quizz pourrait être agrandi, approfondi, thématisé. L’objectif initial était de créer une porte d’entrée. Mais cette porte pourrait être retravaillé. Dans l’état, ce quizz peut d’ors et déjà être utilisé.

Pour accéder au quizz : Cliquer ici.

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Une « non-conférence » pour aborder la gestion des forêts de façon plus systémique https://deformations.la27eregion.fr/une-non-conference-pour-aborder-la-gestion-des-forets-de-facon-plus-systemique/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=une-non-conference-pour-aborder-la-gestion-des-forets-de-facon-plus-systemique Wed, 09 Mar 2022 05:55:52 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=529 Les forêts sont en danger. Alors qu’elles représentent une source majeure de captation de CO2 et un espace unique pour la biodiversité, le risque est grand de les voir progressivement disparaitre : un marché du bois devenu totalement mondialisé, une standardisation des essences qui a appauvri la biodiversité des forêts -des forêts que l’on a préféré adapter aux besoins des scieries industrielles plutôt que d’opter pour une gestion soutenable de la ressource. Dans ce contexte, le rôle des collectivités locales pour est crucial. C’est pourquoi communauté de communes du Clunisois, qui porte un projet de transition écologique de tout son territoire, a fait de la gestion soutenable de la forêt un objectif central.

Le problème, c’est qu’il s’agit d’un enjeu complexe, aux nombreuses interdépendances (du local à l’international, des enjeux économiques et d’emploi aux enjeux écologiques, culturels et sociaux), objet d’une gestion atomisée entre les nombreux propriétaires et exploitants de la forêt, et dans lequel une grande diversité de rôles, de points de vue et d’expertises co-existent sans converger : ceux des propriétaires privés, ceux de la puissance publique et de l’Office national des forêts, ceux des exploitants français et étrangers, ceux des élus locaux, mais aussi ceux des habitants ou encore des usagers ponctuels de la forêt, tels que les touristes. Comment faire davantage coïncider toutes ces expériences et toutes ces expertises, dans l’optique d’adopter collectivement une gestion plus durable des forêts ?

La Communauté de communes du Clunisois anime déjà une commission d’élus sur le thème du bois et de la forêt. Mais l’hypothèse que nous faisons est qu’il conviendrait d’ouvrir cet espace politique bien au-delà des seuls élus référents et experts de ce thème. Pour éviter la « mise en silo » du sujet, nous avons proposer de nous inspirer du format de la “non-conférence” ou “forum ouvert” conçu comme un temps qui permettrait à la fois de fournir un cadre adapté à ce partage d’expériences entre pairs, et de mieux identifier les expertises sur-représentées, et celles qui au contraire font défaut, en vue d’y remédier. Le test a pris la forme d’un événement de 2h30 organisé le 10 novembre 2021 à Cluny pendant le séminaire « Quelles transitions pour nos communs », organisé par le Collège Européen de Cluny pendant 3 jours.

Le test visait à valider ou invalider plusieurs hypothèses : vérifier si ce format permet aux élu.e.s d’échanger “sans filtres” de nouveaux types de connaissances empiriques, tirées d’expériences vécues, de solutions apportées à des problèmes rencontrés ; Vérifier si ce format pourrait permettre d’identifier les expertises déjà présentes au sein d’un groupe d’élus, et au contraire celles qui semblent manquer ; Tester si ce type de format pourrait contribuer à mieux mobiliser l’énergie des élu.e.s au profit du projet de territoire.

Environ 20 élus membres de la comcom de Cluny et 6 agents ont participé à la non-conférence. Au cours de la première demi-heure, les participants ont proposé des thèmes d’échanges, qui ont été regroupés autour de 6 thèmes : les haies, le bois de chauffage, les métiers du bois, la gestion du bois, les forêts privées, la forêt comme enjeu de tourisme et de loisirs. Les participants se sont ensuite répartis en 2 sessions successives de trois ateliers de 40 mn chacun, en fonction de leurs centres d’intérêts. L’événement s’est conclu par une restitution collective des enseignements issu des différents ateliers.

Les enseignements sur le fond et sur la forme

De nombreuses expériences ont été échangées, avec des dominantes autour des questions d’ingénierie forestière, d’agroforesterie, etc. La présence d’environ 1 technicien pour 4 élu·es s’est avérée décisive. Les élus présents connaissaient bien les enjeux forestiers. L’expérience a également révélé que sur certains thèmes, des formes d’expertise manquaient aux échanges, par exemple sur la gestion/ gouvernance des ressources forestières (notamment sur de nouvelles approches de type partenariat public-communs pour la gestion de ressources naturelles). Sur certains thèmes comme les mécanismes de transition dans la gestion des forêts, on pouvait noter un déficit d’approches réflexives et critiques : par exemple le concept de re-direction écologique, qui propose une alternative plus radicale que la transition (par exemple en décidant collectivement à quelles activités extractives il faut renoncer dans l’exploitation du bois, pas seulement des nouvelles activités forestières à développer).

Les points positifs : Les élus qui participaient pour la première fois à ce type de format ont apprécié le format d’échanges pair à pair, et l’approche thématique qui permettaient de « dé-siloter » les enjeux. L’important travail de documentation par les étudiants a permis de conserver une trace des échanges, qui pourra être exploitée ultérieurement.

Les points d’amélioration : pour les participants qui avaient déjà participé à ce type de format, nombreux à Cluny, la non-conférence a été présentée et conçue comme un format trop générique qu’il aurait fallu adapter davantage à la situation du territoire clunisois, en resserrant la thématique et en verrouillant certains principes : être plus clair sur le sens de cette session par rapport au contexte clunisois, prévoir une séquence de mise en contexte sur le thème traité (ici le bois), prendre le temps de mieux « caster » les participants en fonction du thème et prendre le temps de mieux les présenter au début, renforcer la facilitation et donner des consignes d’écoute et de temps de parole pour éviter que certains accaparent les échanges, mixer des participants plus hétérogènes (y compris d’autres territoires), s’assurer de la qualité du niveau technique des échanges dans tous les ateliers,mieux répartir les participants entre les ateliers, passer plus de temps sur les questionnements issus des ateliers et moins sur les restitutions, être plus explicite sur les suites prévues pour éviter les frustrations.

Ce qu’ils en ont dit

“L’exercice est super intéressant pour révéler les connaissances de chacun. Le fait que ça parte « dans tous les sens » sans animation structurée est aussi vraiment pas mal parce que les fils se tirent et tu ne sais pas où ça va te mener.” (Alexis Montaigne CERDD)

“Poser un cadre minimum pour les amener à s’interroger sur ce qui fait enjeu et la manière dont les enjeux devraient être traités me semblerait intéressant. Qu’ils sachent qu’il est attendu d’eux de produire un plan d’action/une feuille de route/une organisation de travail pour l’après.” (Alexis Montaigne CERDD)

Et maintenant ? Quelques conseils pour reproduire l’expérience et l’améliorer

L’expérience a été perçue comme un peu descendante, et a montré qu’il faut absolument penser la périodicité et le rythme de ces sessions sur la durée, en fonction de la stratégie du territoire, sous peine de risquer de lasser les élus, de les mobiliser trop souvent et sans souci de canaliser leur contribution sur la durée. Il faut construire cet agenda collectivement, avec eux, en prenant soin de les mobiliser au bon moment, de la bonne façon et pour les bonnes raisons.

Des suites immédiates pourraient être données à cette expérience : en premier lieu, mettre en forme et restituer aux élus (y compris les absents) les notes prises par les étudiants ; Ensuite, recenser les thèmes d’expertises qui semblaient manquer aux échanges, en tirer des enseignements pour le projet de territoire (sur les modalités concrètes de gouvernance des ressources naturelles, sur les nouvelles thèses liées à la transition comme la “redirection écologique” et le renoncement, etc) et programmer des interventions prochaines sur ces sujets. Enfin, les échanges portaient sur la situation présente de la forêt clunisoise ; pourquoi ne pas programmer un temps de projection/simulation à 20 ans de type “prospective créative”, pour imaginer les solutions futures à mettre en œuvre dès maintenant ? Cette mise pourrait être mise en oeuvre à l’occasion des prochaines « assises de la forêt » que la Communauté de communes envisage de proposer prochainement à toutes les parties prenantes des enjeux de la forêt.

Auteur : Stéphane Vincent (Délégué général à La 27e Région)
Illustration : Jeanne Schelle
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Les « élus-enquêteurs » sur la participation citoyenne, ou comment s’informer en mode circuit-court https://deformations.la27eregion.fr/les-elus-enqueteurs-ou-comment-sinformer-en-mode-circuit-court/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-elus-enqueteurs-ou-comment-sinformer-en-mode-circuit-court https://deformations.la27eregion.fr/les-elus-enqueteurs-ou-comment-sinformer-en-mode-circuit-court/#respond Mon, 07 Mar 2022 14:21:35 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=508

Les élus se posent de nombreuses questions face aux enjeux de transition écologique, notamment sur les meilleures façons d’associer les citoyens. Notre enquête a montré que l’offre de sensibilisation et de formation sur ces questions était importante, mais que les élus se sentaient submergés et qu’il n’était pas facile de passer de l’information théorique à l’action. Sans compter que dans cette période de crise aiguë, leur agenda est chargé et leur collectivité n’est pas toujours organisée pour les aider.

Comme les aider à se professionnaliser de façon frugale et directe, et s’assurer qu’ils pourront plus facilement franchir l’étape de concrétisation ? Pour tenter d’y répondre, nous nous sommes rapprochés du CERDD (Centre de Ressource du Développement Durable), avec qui nous avons conduit une expérimentation dans le cadre de son cycle de sensibilisation “Territoires participatifs”, suivi par 14 binômes élu.es/agents venus de communes situées sur tout le territoire des Hauts de France : Ronchin, Lambres, Lez, Douai, Templeuve, etc.

L’expérience, conduite entre juin 2021 et fin 2022, visait à convaincre les élus de réaliser eux-mêmes une enquête sur une initiative existante jugée inspirante en matière de participation citoyenne dans le champ de la transition. A travers cette expérience, il s’agissait de vérifier plusieurs hypothèses :

  • Le fait d’être mis temporairement dans une posture de type « journaliste d’investigation » crée une posture d’attention plus active chez les élus ;
  • Cette posture plus active est de nature à provoquer plus facilement l’action après coup, à passer au stade de la concrétisation ;
  • Ce format permet de produire un nouveau type de connaissance, plus ancrée dans les besoins de l’élu ;

Deux tests menés en septembre et octobre 2021

Dans un premier test lancé en septembre 2021, le thème d’enquête suggéré portait sur “les postures des élus face à la participation citoyenne”. Les volontaires étaient invités à interviewer les collègues de leur choix en interne. Deux binômes ont finalement réalisé les interviews : ceux de la Ville de Ronchin et de la Ville de Margny-lès-Compiègne. L’élu de Ronchin a procédé par entretien spontané sur un marché de type micro-trottoir, et l’agent de Margny a produit une analyse de plusieurs pages, réalisée sans interview. Au final, malgré l’intérêt de ces prises d’initiatives, les retours étaient globalement décevants, et nous avons conclu de cette première expérience que les consignes étaient trop larges.

Lors d’un second test lancé lors de la session du 5 octobre, les thèmes d’enquête ont été précisés. Il était cette fois proposé aux répondants de choisir entre 4 thèmes d’enquête sélectionnés à l’avance par la 27e Région et le CERDD, à savoir : le dispositif participatif 50/50 à Loos-en-Gohelle, le tiers-lieux l’Hermitage à Autrêches, l’initiative citoyenne “la République des Hypervoisins” à Paris 14e, et la gestion collective de l’eau à Bruxelles. Les nouvelles consignes prévoyaient que les participants devaient d’abord conduire une courte enquête documentaire sur internet sur le sujet de leur choix, puis prendre rendez-vous et conduire un entretien avec des contacts identifiés sur ce même sujet. Les consignes comprenaient également des conseils sur le type d’attendus au terme de l’enquête (par exemple l’enjeu de réplicabilité du projet).

La Ville de Baisieux a choisi le 50/50, Templeuve a choisi les Hypervoisins, et le PNR Scarpe Escaut a choisi le tiers lieu de l’Hermitage. Tous ont d’abord effectué des recherches sur internet, puis se sont organisés entre eux pour prendre rendez-vous, préparer puis conduire les entretiens. Lors de l’atelier organisé par le CERDD le 16 novembre, il a été proposé aux élus enquêteurs des 3 collectivités de se réunir autour d’un temps d’approfondissement de l’enquête, à la fois pour échanger leurs vues entre eux, et identifier des points à approfondir ou éclaircir. La semaine suivante, Templeuve a organisé un nouveau temps d’échange avec Hypervoisins. L’un des élus à prévu une présentation des fruits de l’enquête en conseil municipal. L’élu de Baisieux a présenté l’expérience 50/50 à l’adjoint aux finances et au maire, et fait intervenir le porteur de projet, en vue d’une réplication à Baisieux. Tous les participants témoignent du fort intérêt qu’ils ont ressenti lors de cette expérience, et des suites sont prévues dans plusieurs cas, notamment des visites in situ.

Des enseignements sur le fond et sur la forme

Alors que l’expérience initiale concernant seulement les élus, les binômes élu/agent se sont avérés plus pertinents : plusieurs agents témoignent que l’expérience leur a permis d’entrevoir un autre mode de collaboration possible avec les élus -et inversement. L’enquête représentait une forme de micro-projet concret, où l’on apprend à travailler ensemble différemment, à s’organiser sans rapport hiérarchique, à s’entraider, à produire ensemble un “commun” qui pourra être partagée plus largement.

Parmi les facteurs qui ont contribué à la réussite de l’expérimentation, on peut citer : recruter des élus motivés (via un appel à candidature initial); proposer des thèmes d’enquête sur des sujets que les élus ont envie d’expérimenter (l’enquête devient un accélérateur de projet); positionner le formateur en appui, en back office et en personne ressource les journées de formation.

Sur la forme, l’expérience a montré que mettre l’élu en position d’enquêteur a des vertus capacitantes : il peut être un accélérateur de projets. Il met les élus à égalité avec les interviewés, et fait tomber les hiérarchies le temps de l’entretien. L’outil “enquête” peut aussi être décliné de différentes manières : il est souple, adaptable et peut être léger (ici l’enquête de terrain consiste en un seul entretien approfondi). Cet entretien permet d’aller dans les interstices, de comprendre ce qui n’est pas dit dans les articles sur internet, d’aller plus loin. Le fait de leur proposer le choix entre plusieurs sujets suffisamment diversifiés est une garantie qu’ils trouveront un thème en lien avec leurs préoccupations, sur leur territoire.

Et maintenant ?

L’expérience est concluante, et le CERDD envisage de l’intégrer comme une offre récurrente, un dispositif à reconduire. Mais des améliorations et des évolutions sont possibles :

  • Par exemple, donner dès en amont des pistes de concrétisation : dans certains cas, les participants ont pu se demander à quoi servirait l’enquête après-coup. Dans les prochaines expériences, il sera utile d’anticiper en indiquant dès les premières consignes le type de suites possibles : préfigurer une visite du projet in situ, présenter les résultats à un public plus large, préparer la mise en oeuvre d’un projet, etc
  • A partir de la même formule, il serait également possible de diversifier les combinaisons : élu/agent, élu/élu, groupe d’élus et agents, etc.
  • L’expérience doit être “réversible” : lors de l’expérience, une élue a exprimé que le sujet l’intéressait mais qu’elle ne souhaitait pas participer à la suite, que ça dépassait ses compétences.
  • Souplesse dans l’organisation du binôme élu/technicien (soit l’élu fait l’enquête seul, soit élu/technicien font l’enquête ensemble), mais veiller à ce que le technicien ne fasse pas à la place de l’élu,
Article rédigé par Stéphane Vincent (La 27e région)
Illustration : Jeanne Schelle 
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