(DÉ)FORMATIONS https://deformations.la27eregion.fr Un site utilisant Réseau La 27e région Mon, 13 Mar 2023 15:24:15 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.4.8 https://deformations.la27eregion.fr/wp-content/uploads/sites/16/2020/06/cropped-Icone_site_512x512px-32x32.png (DÉ)FORMATIONS https://deformations.la27eregion.fr 32 32 Un petit manuel de survie pour Elu.e.s en charge des transitions https://deformations.la27eregion.fr/elu-e-s-et-transition-un-petit-manuel-de-survie/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=elu-e-s-et-transition-un-petit-manuel-de-survie Tue, 06 Dec 2022 18:01:42 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=675 Pas facile d’être élu.e à la transition….

La transition écologique et sociale nous concerne tous ; mais localement, c’est sur les épaules des élu.e.s que pèse une part importante des responsabilités ! Comment décider et agir dans un domaine où les arbitrages sont complexes, les intérêts parfois opposés, et les résultats souvent peu visibles avant la fin du mandat ? En tant qu’élu.e, on se sent souvent démuni.e et isolé.e : marginalisation du sujet, flou dans les termes comme dans les stratégies, manque d’ingénierie, forte conflictualité, etc. On peut facilement se sentir perdu au milieu de l’abondance d’information et d’expertise, en mal de boussole pour construire son rôle, et d’outillage pour traduire localement et en action concrète des notions complexes… Face à l’accélération des crises, à l’enjeu de sobriété mis au premier plan par la sécheresse d’un été caniculaire et la crise énergétique qui s’intensifie, confronté à la nécessité d’accélérer la construction de réponses à tous les niveaux, peut-on même encore parler de transition ? Comment mettre en débat le vocabulaire, les objectifs, les priorités ?

Quelques idées pour vous aider à construire un chemin

La transition écologique et sociale n’est évidemment pas uniquement affaire de choix techniques et technologiques ;  nous sommes convaincus qu’il s’agit de faire des choix en termes de vision, de stratégie, de méthodes, de coopération. Par où commencer ? Où atterrir ? Comment faire émerger une vision, construire une trajectoire partagée, bâtir les bonnes alliances ? Quelles incarnations, quels récits, dans le temps du mandat ? Quelle juste répartition des rôles et complémentarités avec l’administration, avec les acteurs locaux ? Comment remettre de la démocratie dans les choix de transition, expérimenter d’autres manières de partager le pouvoir et la responsabilité ? Comment ré-inventer le rôle d’élu.e à l’aune de ces enjeux de transition ?

Le mode d’emploi

Pour s’immiscer dans votre agenda que nous savons déjà bien chargé, nous avons imaginé un format d’abonnement mail léger et concret  : une fiche par semaine pendant un mois pour 5 à 10 minutes de lecture, une thématique bien ciblée, des idées et des conseils concrets, et une belle image pour que vous ayez plaisir à partager l’ensemble avec vos collègues ou à l’afficher dans votre bureau… plus une adresse pour poser vos questions et partager votre expérience en retour ! Au sommaire et à venir : Le récit : comment construire un narratif commun au sein de l’exécutif ? L’administration : comment mieux faire alliance avec les agent.e.s ?  Le pouvoir : comment faire évoluer nos façons de l’exercer sur le territoire ? Les conflits : comment ne plus les mettre sous le tapis ? …

Pour vous abonner et recevoir les 4 premières éditions à partir de fin janvier, inscrivez vous ici.

Et si vous avez des questions et des retours, c’est là ! 

 

 

 

 

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Un cahier: Quelques enseignements à l’usage des acteurs de l’offre de formation https://deformations.la27eregion.fr/un-cahier-quelques-enseignements-a-lusage-des-acteurs-de-loffre-de-formation/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=un-cahier-quelques-enseignements-a-lusage-des-acteurs-de-loffre-de-formation Tue, 06 Dec 2022 17:47:52 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=669 Ce cahier à l’usage des acteurs de l’offre de formation pour les élus propose quelques recommandations, conseils, trucs et astuces pour « fluidifier » des formations existantes et répondre à quelques questions simples. Comment adapter les formations existantes à la diversité des demandes et des territoires ? Comment favoriser la construction de parcours de formation, y compris collectif ? Comment mieux hybrider offre classique et initiatives produisant de la montée en compétence des élues/élus et qui se déroulent hors des cadres de formation (réseaux d’échanges, etc.) ? Et quels pourraient être les communs du secteur, quels nouveaux modèles pour créer ces logiques de partage et de coopération qui permettraient de sortir des logiques concurrentielles? Il s’appuie sur la douzaine d’expérimentations que nous avons menées en 2021/2022 dans des communes franciliennes péri-urbaines et rurales, et dans d’autres territoires français (Hauts-de-France, Clunysois, etc) avec l’appui d’élus, d’agents des services et parfois d’acteurs de l’offre. Ces expérimentations ont aussi été partagées et enrichies lors de plusieurs séances de travail du groupe miroir qui a été mis en place dès 2020 avec les complices et partenaires du projet (Dé)formations. Notre objectif dans ce cahier n’est pas de bouleverser en profondeur les manières de faire des acteurs de l’offre mais de les faire évoluer, de les améliorer en intégrant les résultats des retours d’expériences et de penser de nouveaux programmes à partir de principes simples et éprouvés.

Pour cela nous vous invitons à piocher dans ce cahier en fonction de vos besoins, de vos idées et inspirations. Vous y trouverez, au travers des onze fiches pratiques qui le composent, des recommandations sur la façon de recruter les élus, de révéler et questionner leur positionnement, de les aider à identifier leurs besoins en matière de formation, de dessiner une alternative aux cycles de formation avec les formations rebond, de partir des controverses, de s’appuyer sur l’enquête et sur les ressources des territoires et de mobiliser l’expertise à bon escient, de partager non seulement les bonnes pratiques mais aussi les difficultés ce qui suppose d’apprendre à ne pas trop animer, ou de renforcer les synergies entre élus/élues et agents et de jouer la carte du « pair à pair ». Vous y trouverez aussi quelques propositions pour initier une dynamique collective entre acteurs de l’offre de formation et contribuer, modestement car la route est longue, à l’objectif de création de « communs ». Faire évoluer les représentations, travailler la sémantique et préciser les objectifs visés constituent des prérequis. En effet les objectifs et modes de travail ne sont pas les même selon que l’on souhaite mettre en place, par exemple, des dispositifs d’information/sensibilisation ; des « formations communautés » permettant de cibler les problématiques en fonction de leurs publics et de créer un climat de confiance où exprimer plus librement doutes et difficultés ; des formations/dispositifs qui s’ancrent dans un périmètre donné et contribuent à expliquer ce qui fonctionne sur les territoires voisins et à renforcer des réseaux locaux ; ou des formations techniques et ciblées sur un objet clairement délimité/opérationnel.

Autant de pistes, déclinées de façon pratique, décrites au travers des expérimentations que nous avons testées pour vous, le tout accompagné de verbatim et d’un récapitulatif des principaux points de vigilance.

Vous pouvez le télécharger ici. Bonne lecture !

Article rédigé par Brigitte Guigou, L’Institut Paris Region.

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Une tribune : « Pour être à la hauteur des défis de la transition, il est temps de prendre en main notre (trans)formation » https://deformations.la27eregion.fr/une-tribune-pour-etre-a-la-hauteur-des-defis-de-la-transition-il-est-temps-de-prendre-en-main-notre-transformation/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=une-tribune-pour-etre-a-la-hauteur-des-defis-de-la-transition-il-est-temps-de-prendre-en-main-notre-transformation Tue, 06 Dec 2022 15:59:22 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=662 L’un des produits de sortie de notre programme est une tribune mobilisant plus d’une trentaine d’élus locaux, publiée en juin 2022 dans , et dénonçant l’obsolescence des formations à leur disposition. »Si une montée en compétence technique est évidemment nécessaire, nous ne devons pas devenir des super-techniciens des transitions. Nous avons surtout besoin de redonner du sens à notre action, savoir fixer des orientations stratégiques et construire l’avenir avec les citoyens. » Ils et elles plaident ainsi, dans la lignée des enseignements du programme, pour des formations collégiales, horizontales et sur-mesure. Merci Hugo SoutraNicolas PortierSébastien MAIRESophie LABROUSSEAuréline DoreauElisabeth Le BrunNicolas BarennesUlysse BLAUJulian PERDRIGEATMattiu EtcheverryAchille WarnantWandrille Jumeaux et toutes celles et ceux qui ont participé à ces échanges enthousiasmants, comme à faire relais vers les élues et élus !

 

« Deux ans après le début de notre mandat local, beaucoup d’entre nous ressentent la complexité de leur fonction d’élu. Les attentes qui pèsent sur nos épaules sont de plus en plus grandes. L’impératif de transition écologique accentue encore la responsabilité qui incombe au local.

N’ayons pas peur de le dire : pour être à la hauteur des défis de la transition écologique, nous avons besoin de formation. Être mieux formés ne signifie pas plus experts techniquement. Si une montée en compétence technique sur les sujets dont nous avons la charge est évidemment nécessaire, nous ne devons pas devenir des super-techniciens des transitions. Nous avons surtout besoin de redonner du sens à notre action, savoir fixer des orientations stratégiques et construire l’avenir avec les citoyens.

« Nous avons besoin de faire équipe, y compris le temps des formations »

Mais la formation des élus locaux reste le parent pauvre de la décentralisation. La loi Engagement et Proximité a constitué un progrès, par la généralisation du droit des élus à la formation. Pourtant beaucoup d’entre nous n’y avons toujours pas recours. Faute de temps d’abord, car les formations sont souvent trop chronophages pour nos agendas bien chargés, pour faire vivre les instances où nous siégeons. Mais ce n’est pas qu’une question de temps. Plus largement, l’offre de formation existante est en décalage avec nos besoins.
Les formations qu’on nous propose sont trop souvent individuelles, alors que nous avons besoin de faire équipe. A l’heure actuelle, c’est à chacun de nous de faire la démarche de repérer une formation, de s’y inscrire et d’obtenir son financement par la collectivité. Ce fonctionnement a ses vertus, mais il est en décalage avec la gouvernance collective des communes et des intercommunalités. Être élu local n’est pas une fonction autonome, mais s’inscrit dans un ensemble plus large : une équipe municipale ou intercommunale avec sa majorité et son opposition, des délégations thématiques souvent difficiles à séparer nettement, une collectivité avec son administration plus ou moins étoffée, etc… Autant d’acteurs parmi lesquels il nous faut trouver notre juste place ! En début de mandature, c’est surtout sur les questions de partage des rôles que nous avons besoin d’être formés et accompagnés. « Faire équipe » ne se décrète pas. Cela demande des outils de coordination et de coopération.

« Nous avons besoin d’échanger en pair-à-pair »

Les formations actuelles sont trop souvent descendantes alors que nous avons besoin d’échanger en pair-à-pair. C’est particulièrement vrai pour celles et ceux qui exercent leur mandat dans de petites communes. Nous sommes en première ligne de la complexité du réel, qui oblige à trouver des ajustements inédits et bricoler des solutions temporaires. Aux exposés magistraux, nous préférons le dialogue avec les savoirs, le croisement des pratiques, et le témoignage de nos collègues, qui rencontrent les mêmes difficultés que nous. Temps d’échanges abrités entre élus pour partager leurs « trucs et astuces », voyages d’études pour aller voir sur le terrain les réalisations des collègues, le tutorat entre expérimentés / novices, etc… : le pair-à-pair est une modalité de formation bien adaptée à nos attentes.

Cela ne veut pas dire que nous n’avons plus besoin d’apports de connaissances, de savoirs scientifiques et d’expertises. Ils restent plus que jamais nécessaires. Cela ne veut pas dire non plus que nous n’avons plus besoin de structures de formation. Elles ont indéniablement un rôle à jouer pour faire émerger, structurer, « colorer » et faire monter en compétence des groupes de pairs, en fonction des problématiques que nous rencontrons.

« Nous aurions besoin d’un accompagnement sur-mesure »

Nous avons accès à des formations sur catalogue alors que nous aurions besoin d’un accompagnement sur-mesure. A l’heure actuelle, nous devons choisir des modules parmi l’offre existante, sans garantie que ceux-ci répondent à nos besoins du moment, ni à nos problématiques de terrain. Notre rapport au terrain explique notre sentiment que l’offre de formation est souvent hors-sol et déconnectée du réel.
Pour avancer sur la mise en œuvre de la transition, nous avons aussi besoin d’accompagnement territorialisé, qui prenne en compte la diversité de nos configurations locales.

Être élu local n’est pas un métier, c’est un engagement citoyen. Nous ne cherchons pas à faire carrière mais à remplir la mission que nous ont confiée les citoyens. Nous sommes déjà en situation, les mains dans le cambouis. Ce qui nous manque aujourd’hui pour faire avancer les transitions dans nos territoires, ce sont des formations collégiales, horizontales et sur-mesure, des formations au sein desquelles les savoirs rencontrent le terrain et ses réalités. »

 

Les premiers signataires : 
Jean-Luc DELPEUCH, président de la communauté de communes du Clunisois (71)
Emmanuelle DUVAL, élue en charge de la transition écologique à Fontenay-lès-Briis (91)
Véronique JAMAGNE, déléguée à l’environnement de Villiers le Bâcle (91)
Didier PERRIN, membre au sein du conseil municipal, commission développement durable, Avrainville (91)
Delphine PERSON, adjointe au maire en charge de la transition écologique et de la culture et conseillère communautaire à Palaiseau (91)
Nathalie PLUMAIL, adjointe au maire, environnement et développement durable, Villebon-sur-Yvette (91)
Bernard XAVIER, adjoint au maire à l’aménagement durable, transition écologique et urbanisme, Longjumeau (91)
Pierric AMELLA, conseiller municipal de Pantin, délégué aux mobilités douces, à la qualité de l’air et au budget carbone et conseiller territorial d’Est Ensemble (93)
Fabien BAZIN, pdt conseil départemental Nièvre
Danièle BIDEONDO BARON, adjointe cohésion sociale, Communauté Pays Basque (64)
Martha BOZEK, adjointe à la participation citoyenne et CCAS de Sailly-Lez-Lannoy (59)
Jérémy CADART, Adjoint délégué à la transition écologique et à la démocratie participative, Ronchin (59)
Linda COMITO-WHEATLEY, conseillère municipale, Bailleul (59)
Samuel DIXNEUF, conseiller délégué au patrimoine / conseiller délégué à l’évaluation des politiques publiques / président de groupe, Annecy – Agglomération du Grand Annecy (74)
Martine GAUDIN, conseillère départementale de la Nièvre (58)
Amandine GOUDARD, adjointe à la mobilité, cadre de vie, développement durable, mairie de Templeuve en Pélève (59)
Justine GUYOT, maire de Decize (58)
Audrey HENOCQUE, adjointe à la ville de Lyon (69)
Wandrille JUMEAUX, conseiller municipal à Montreuil et conseiller territorial délégué à la résilience et aux financements européens à Est Ensemble (93)
Julie LEFEVRE, 1ère vice-présidente d’Est Ensemble- Développement économique, emploi, insertion (93)
Yvan LUBRANESKI, maire des Molières, président de l’Association des Maires Ruraux de l’Essonne (91)
Michel PERNOT DU BREUIL, adjoint développement durable et participatif, Margny-lès-Compiègne (60)
Olivia SALLE, conseillère municipale à la transition écologique et au budget, Templeuve en Pélève (59)
Wilfrid SEJEAU, vice-président au conseil départemental de la Nièvre (58)
Coralie SCHOEMAECKER, adjointe environnement, cadre de vie, développement durable à Baisieux (59)
ERIC SKYRONKA, maire Sailly-Lez-Lannoy et vice-président à la Métropole Européenne de Lille (59)
Axelle TREHIN, adjointe aux finances et à l’urbanisme à Reugny et 2ème vice-présidente à la transition écologique et à la prévention des risques, Touraine est-Vallées (37)
Jeannie TREMBLAY-GUETTET, 1ère adjointe à la transition et à l’aménagement des espaces, Faverges-Seythenex , Vice-Présidente à la Communauté de Communes des Sources du lac d’Annecy (74)
Myriam VIGROUX, maire d’Assac, 1ère vice-présidente de la CCVAL (81)
Julien WOJCIESZAK, premier adjoint à la transition écologique, Vimy (62)
Maritxu ZUBIETA, adjointe aux ressources humaines, Communauté Pays Basque (64)
Michel MAYA,maire de Tramayes (71)
Jean Marie OUDART, maire, Poix-Terron (08)
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Élues/élus en transition, onze façons de les accommoder https://deformations.la27eregion.fr/elu-e-s-en-transition-11-facons-de-les-accommoder/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=elu-e-s-en-transition-11-facons-de-les-accommoder https://deformations.la27eregion.fr/elu-e-s-en-transition-11-facons-de-les-accommoder/#respond Mon, 05 Dec 2022 11:47:21 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=444 Comment aider les élus/élues locaux à relever, à leur échelle, les défis des transitions en matière écologique, sociale, démocratique, économique ? Les aider à se former pour trouver des réponses adaptées aux enjeux et injonctions, souvent paradoxales, qui traversent les territoires ruraux et périurbains ? Leur permettre d’accommoder de nouveaux modes de coopération avec les habitants, les acteurs locaux, les collectivités de leurs territoires ou les intercommunalités pour permettre l’appropriation large des enjeux de transition et dessiner des solutions adaptées ? De prendre de la hauteur et de trouver leur juste rôle face à la diversité des dispositifs d’appui, et ce dans un paysage institutionnel en recomposition ? Les aider à retrouver, enfin, des marges de manœuvre individuelles et collectives, dans un contexte où il est de plus en plus complexe d’être élu local ?  

Fruit d’une enquête menée auprès d’une trentaine d’élus/élues franciliens, ce cahier d’idées produit dans le cadre de notre programme (Dé)formations retrace les défis que doit relever la formation des élus/élues pour les aider à passer à la vitesse supérieure en matière de transition. Il propose une série d’idées et de modules à tester – certaines sont déjà en cours d’expérimentation sur le terrain, par l’Institut Paris Région et les autres partenaires du projet. Il s’adresse à tous ceux qui, de près ou de loin, s’intéressent à la formations des élus/élues : organismes de formation bien sûr, mais aussi collectivités, acteurs publics ou para-publics désireux d’expérimenter d’autres manières de les embarquer, élus/élues soucieux de tisser de nouvelles coopérations au sein de leurs territoire, réseaux, etc.…

Quelques-unes de ces pistes, en guise d’avant-goût : 

– Il existe de nombreux freins structurels pour s’engager dans une formation lorsque l’on est élu/élue. Se former, c’est consommer un temps contraint qui n’est pas directement rentabilisé, c’est quitter le terrain, admettre qu’on ne sait pas tout, parfois fragiliser sa légitimité… Il semble nécessaire d’identifier les bons prérequis pour enclencher la démarche. Pourquoi ne pas concevoir un outil d’auto-diagnostic individuel et collectif, pour explorer avec un ou des élus/élues les formes que peut prendre la formation à la transition, prioriser leurs besoins et convaincre ceux qui se sentent les plus éloignés de la transition qu’ils ont souvent déjà un pied dedans…?

– L’enjeu de transition implique, pour les élues/élus locaux, une évolution en termes de mode d’exercice du pouvoir et de posture. Comment  mieux s’appuyer sur les acteurs locaux, sans lesquels celle-ci ne peut s’enclencher ? Appréhender les conflits locaux que suscitent parfois les projets de transition dans leur traduction opérationnelle ? Sortir la tête du guidon et imprimer une ambition collective, une vision systémique, trouver de nouveaux mécanismes de coopération, accepter le temps de l’expérimentation plutôt que l’urgence du résultat ? Nous testons un dispositif d’élus/élues enquêteurs, pour les aider à faire des pas de côté, changer de rôle, glaner l’expérience à sa source, etc.

– La formation des élus/élues est pensée comme un droit individuel, et s’adresse ainsi à chacun  d’eux pris isolément. Pourtant, notre enquête a fait ressortir l’importance, pour les élu.e.s de faire équipe, d’embarquer, d’échanger ; ils/elles se sentent souvent esseulées face à l’impératif de transition écologique. Pour y remédier, travaillons diverses formes de pair à pair : nous avons imaginé un test inspiré des Groupes d’Entraide Mutuelles, qui mettent l’accent sur l’auto-formation, l’horizontalité, le principe de pair-aidance, pour créer un cadre protégé et leur permettre de partager et d’avancer sur un problème commun.

Toutes ces idées sont conçues pour être testées, ré-interprétées, améliorées, combinées avec d’autres. Parcourez ce document comme un livre de recettes dans lequel picorer en fonction du menu à cuisiner (plutôt besoin de faciliter l’accès à la formation en apéritif, ou de faire système sur un territoire en plat de résistance?) et des ingrédients dont vous disposez (élus/élues en pair à pair, panaché techniciens et habitants, formateurs-contributeurs, etc.?).  L’objectif est que chacun se saisisse des propositions qui l’intéressent pour se les approprier, les améliorer, les transformer. Nous espérons qu’elles viendront nourrir vos propres démarches, créer de nouveaux échanges et faire de ce projet un commun. Et maintenant, à vos fourneaux !

Pour télécharger le cahier, c’est ici. Pour en savoir plus sur le projet, partager un retour d’expérience sur la formation des élu.e.s ? Ecrivez nous: de-formations@la27eregion.fr !

 

 

 

 

images: Jeanne Schelle, Pratico Pratiques

 

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(Dé)formations : Le grand débrief https://deformations.la27eregion.fr/deformations-le-grand-debrief/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=deformations-le-grand-debrief Mon, 05 Dec 2022 10:39:13 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=746 Cette fin de décembre est l’occasion de rassembler les complices du projet pour partager les enseignements, les frustrations, les envies d’après… de ce programme qui touche à sa fin. Depuis son démarrage en 2020, ponctué par la crise sanitaire et les différents confinements, les transformations se sont encore accélérées : crise énergétique, sécheresse et incendies de l’été passé, etc. Le dérèglement climatique s’accélère, comme les défis et les conflits qui l’accompagnent. Accélérer les transitions est devenu l’enjeu principal, des thèmes hier tabous ou sous le radar comme la sobriété ou la redirection écologique sont aujourd’hui sur la table… mais laissent les élu.e.s désemparé.e.s : comment arbitrer, comment rendre acceptable, voire désirable des choix qui impliquent renoncements et fermetures ?

En parallèle, le sujet de la formation des élu.e.s a émergé de manière plus forte dans l’agenda… L’État affiche aujourd’hui l’objectif de former 30 000 maires en 2 ans aux enjeux d’adaptation au changement climatique, de décarbonation et de biodiversité. Le Conseil Régional Ile de France a quant à lui adopté en septembre 2022 son plan d’adaptation au changement climatique, dont une des actions concerne dès 2023 des démarches de sensibilisation pour les élus locaux et leurs administrations.  Dans ce contexte, quels enseignements utiles tirer de (Dé)formations ? Quelles suites imaginer ? Voici donc, en guise de contribution, à quoi ressemblerait notre ‘anti-plan de formation’ des élus et élues.

Une formation en mode permaculture, pour prendre soin des élu.es

Un des premiers constats de notre enquête est l’abondance d’offres disponibles sur les sujets liés aux transition : formations ponctuelles sur les enjeux de la mobilité, clubs d’acteurs sur la méthanisation, webconférences sur l’objectif ZAN, podcasts sur les villes en transition, etc. Nous avons donc dans nos tests cherché à penser la formation en partant des difficultés, des irritants, et des besoins rencontrés par les élu.e.s dans l’exercice de leurs mandat, plutôt que depuis un corpus de connaissances disponibles. Nous avons ainsi testé des dispositifs leur permettant aux d’être les curateurs de leurs formations en partant de leurs propres besoins et expériences (outil d’auto-diagnostic), ou encore en prenant comme point de départ les problèmes concrets qu’ils rencontrent (groupe de pairs, urbanisme transitoire). Nous avons aussi cherché à transformer les modalités de rapport à l’expertise de chercheurs, de techniciens, ou d’autres acteurs (élus enquêteurs), par exemple en faisant évoluer la posture de l’élu depuis celle dedécideur vers celle d’enquêteur ou d’animateur, en en soulignant les complémentarités, en créant un espace d’entraide.

Notre anti-plan de formation pense ainsi la formation davantage comme une pratique de réciprocité que de transmission ; elle s’organise de façon plus modeste et horizontale. Le formateur dédie du temps à la définition des besoins, son rôle est moins d’animer que de poser un cadre de confiance et de garantir la possibilité d’échanges libres.

Une formation pour repolitiser les sujets techniques

Plutôt que de construire de nouvelles thématiques de formations aux transitions, nous avons testé d’autres manières d’approcher ces enjeux  : il s’agit moins d’engranger de nouveaux savoirs que de décider de manière plus collectivement (Cluny), de forger des coalitions (ARB), de développer du plaidoyer (sobriété), etc.

Nous avons ainsi expérimenté des formats susceptibles de transformer les postures : d’une approche individualisée de la formation vers une perspective permettant de croiser les points de vue des parties prenantes d’un territoire (élus, techniciens, acteurs du territoire), de stimuler la coopération et l’entraide entre acteurs, afin de faire levier vers des approches plus collectives. Quelles seraient les bonnes échelles pour penser des formations plus collectives et territoriales, susceptibles d’animer les bonnes complémentarités, mais également de favoriser davantage de diversité? Communauté de communes, réseau départemental, réseau régional ?

Pour autant, si nous avons réussi à aborder sous un angle plus politique des sujets assez techniques (méthanisation, rénovation énergétique, etc.) , le temps et les moyens nous ont manqué pour expérimenter de manière plus structurante autour des défis émergent aujourd’hui pour les exécutifs locaux : renoncement, sobriété, redirection, font déjà partie des thèmes de travail de certains exécutifs. Comment accompagner ces réflexions à la fois dans la gouvernance des équipes municipales, avec l’administration, avec les habitants et les acteurs locaux? Chantier à poursuivre !

Une approche par l’acupuncture, pour bien choisir sa cible

Comment mieux cibler l’offre de formation, au-delà d’un objectif de sensibilisation ? Les connaissances des élu.e.s sur les enjeux de transition, leur outillage technique, leurs besoins,leur rôle et leur parcours sont évidemment divers … Pour penser la formation des élu.es de manière plus stratégique et « faire levier », quel sont, dans les exécutifs, les points d’acupuncture à mobiliser ? A côté des élu.es aux transitions, les élu.e.s aux finances, à l’aménagement urbain, au développement économique, sont autant de compétences stratégiques. Peut-être faut-il, au-delà d’une offre de formation plus traditionnelle, investir comme des temps de formation aux transitions les exercices de planification ? Notre anti-formation des élu.e.s chercherait par exemple à remettre la transition au coeur des sujets financiers en s’immisçant dans la construction du Plan pluri-annuel d’investissement.

Une approche par l’expérimentation, la réflexivité et les communs, pour monter en qualité

Le besoin d’un espace de R&D et de « communs », pour le secteur concurrentiel de la formation des élu.e.s faisait partie de nos hypothèses de départ. Comment expérimenter plus collectivement pour adapter l’offre aux besoins réels? Comment permettre aux acteurs de l’offre de mieux coopérer pour monter en qualité, articuler la formation avec d’autres modes d’intervention, etc. ?

Embarquer des acteurs de l’offre dans une approche expérimentale a permis aux partenaires et complices de (dé)formation de mieux s’approprier ce type de démarches et de mieux calibrer l’expérimentation ‘in vivo’, afin de la rendre plus lisible et confortable pour les élu.e.s participants, et d’en tirer des enseignements. Pour cela, quelques conseils :

. Poser  une hypothèse de départ,  un premier diagnostic, une  intuition à vérifier…  Et si, plutôt que d’être auditeurs, les élu.e.s devenaient enquêteurs ? Et si on partait des problèmes plutôt que des réussites? etc. Cette étape est importante car elle permet à la fois de définir les objectifsdu test, et de mieux cerner le type d’apprentissage que l’on pourra en attendre. Elle permet aussi d’être plus audacieux dans ce que l’on s’autorise à tester.

. Etre transparent, s’accorder un droit à l’erreur : nous avons partagé la dimension expérimentale de chaque test avec des élu.e.s ; cela demande d’avoir suffisamment d’énergie et de conviction pour proposer une approche un peu décalée, embarquer les participants et les partenaires, tout en clarifiant le fait que le test est borné dans le temps, etc.

. Enfin, documenter, évaluer le test, à chaud, à tiède… Il ne s’agit pas ensuite de reproduire un format ‘test’, mais de comprendre ce qui a fonctionné, ce qu’il faut améliorer, etc. et le faire de la manière la plus collective possible. Dans (dé)formations, les tests étaient au moins aussi intéressants que les discussion qu’ils ont éveillé avec nos complices acteurs de l’offre de formation sur la manière dont ceux-ci questionnaient leurs pratiques…

 

Si (dé)formations a permis une approche plus expérimentale et réflexive de la formation des élu.e.s, un anti-plan de formation devrait prolonger cette démarche en défendant une approche plus systémique de la formation, en animant des complémentarités de rôle, des synergies d’action au sein d’un même territoire, ou encore en faisant davantage coincider l’effort de formation avec la conduite des projets Ceci pourrait par exemple s’incarner dans des espaces de co-développement entre les acteurs de la formation des élu.e.s d’un même territoire. Le chantier reste ouvert : face à l’ampleur des besoins et défis, il est indispensable d’y consacrer du temps et de l’intelligence collective.

 

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Arpenter un territoire sous le prisme de la sobriété https://deformations.la27eregion.fr/organiser/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=organiser Sat, 19 Nov 2022 12:12:11 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=714 Comment organiser une conversation entre élu.e.s et chercheur.se pour projeter un modèle de sobriété à l’échelle d’un territoire ? Cette expérimentation a été imaginée au printemps 2022, à un moment où la guerre en Ukraine et la sécheresse sans précédent de l’été n’avaient pas encore accéléré la diffusion du terme. Le test a été imaginé et piloté par Norent Saray Delabar, ainsi que Mathias Guérinneau (IAE Nantes) et Julie Mayer (Ecole Polytechnique), dont il s’agit d’une des thématiques de recherche. Comme beaucoup d’autres expérimentations, nous avons pu mener celle-ci en lien avec l’aide de l’ALEC Ouest Essone, en embarquant Pierre Chazan, élu  à Orsay et membre de la Commission municipale de l’urbanisme, de l’environnement et des transports, et Marie Reyss, chargée de mission développement durable dans la commune.

Le test : une conversation entre un élu et des chercheur.se.s autour de l’enjeu de sobriété

Etape 1 : un temps pour mettre en discussion la notion

Le point de départ : le constat de la nécessité de traduire de manière opérationnelle la sobriété à l’échelle territoriale, d’en produire des démonstrateurs, mais aussi d’identifier les freins auxquels sont souvent confrontés les élu.e.s porteur.se.s du sujet : réticence politique, acceptabilité sociale variable, freins techniques, administratifs, difficultés à opérationnaliser et à mesurer les effets … Comment rendre cette notion plus tangible, et plus désirable ?

Il s’agissait ainsi i/ de partager un cadre de pensée articulant la notion de sobriété à destination d’élu.e.s de communes d’île de France et de leur territoire ; ii/ d’animer, à travers une discussion entre élu.e.s, technicien.ne.s et chercheur.se.s, des allers retours entre approche théorique et pratique quotidienne ; puis, iii/ au travers d’un arpentage du territoire, de venir questionner les projets et équipements existants au travers d’une grille de lecture sobriété. L’hypothèse initiale était de mener cet exercice en mobilisant un groupe d’élu.e.s de plusieurs territoires différents. Néanmoins, cette première itération sur le territoire d’Orsay a permis de tester des supports et contenus de formation “martyrs” et de de tenter un premier atterrissage de sujets de recherches dans le quotidien d’un élu et d’une technicienne.

Le premier volet de la journée a permis de déplier le terme, en distinguant la sobriété de de la notion d’efficacité, en ouvrant ses divers domaines d’application, au delà de l’énergie (numérique, foncier, mobilité, …), en en proposant une grille permettant de rendre lisible ce à quoi l’on renonce, ce que l’on contribue à préserver ou à développer, les enjeux de pilotage politique, etc.… et pour finir de projeter, pour les collectivités, 3 archétypes d’approches de la sobriété :

. La sobriété monitorée, basée sur une optimisation incrémentale des usages individuels, en s’appuyant sur des ‘technologies’ pour encourager le changement de comportement et en suivre les effets. (amélioration de la performance thermique bâtiments, réduction de l’éclairage public, etc.)

. La sobriété symbiotique, fondée sur la recherche d’une relation harmonieuse entre les humains et la nature, par une exploitation minimale des ressources naturelles et une recherche de synergies avec la nature.  (protection/préservation d’espaces verts, réhabilitation d’infrastructures existantes au profit de projets écologiques et sociaux, valorisation des initatives de permaculture, etc.)

. La sobriété gouvernée, qui repose sur un réagencement global et planifié des infrastructures et des règles qui les gouvernent, de façon à arbitrer entre gestion maîtrisée des ressources et création de valeur.  (Aménagement de voies de mobilité douce, encouragement au report modal, approvisionnement en circuit-court, …)

Pour en savoir plus : Le support utilisé est ici.

Etape 2 : un arpentage

L’étape suivante a permis de parcourir trois lieux marquants de la ville, avec l’objectif de projeter ces modèles de gestion de la sobriété sur ces infrastructures ou espaces urbains :

. L’hôpital d’Orsay, situé en coeur de ville, un équipement qui sera progressivement délaissé au profit du futur hôpital Nord-Essonne. Si la municipalité y voit une opportunité de repenser l’aménagement du centre d’Orsay, la démolition des bâtiments existants, la construction d’un nouveau quartier et la disparition d’un pôle de santé important pour le territoire interroge une partie de l’équipe municipale sur le projet à mener. Faut-il démolir pour reconstruire, peut-on proposer une offre de santé qui prolonge pour partie l’offre de service public encore présente ? Autant de question à passer sous le filtre de la sobriété : foncière, énergétique mais aussi la sobriété en ingénierie et les potentielles créations de valeurs qui pourraient découler d’un réaménagement du site hospitalier.

. Un espace naturel, situé en centre ville et aujourd’hui fermé aux habitants. Ce terrain boisé, particulièrement riche en biodiversité constitue une ressource naturelle non négligeable pour la ville d’Orsay. Au-delà d’y héberger une espèce protégée, il apparaît comme un petit poumon vert au coeur de la ville. Néanmoins, faudrait-il l’aménager pour permettre aux habitants d’en profiter directement ? Comment communiquer sur le fait que ne « rien faire » est peut-être « la meilleurs chose à faire » ?

. Le centre technique municipal, un bâtiment vieillissant et particulièrement énergivore. La rénovation énergétique de cet ensemble apparaît comme la solution la plus pragmatique à ce jour… mais faut-il réellement tout isoler, ou faire le choix d’abandonner une partie des bâtiments au profit de services mutualisés à l’échelle de la communauté de communes ?

Ce que nous avons appris…

Organiser une conversation élu.e.s /chercheur.se.s ?

Pour l’élu, le cadre théorique a permis de développer des éléments de langage, des arguments clés pour convaincre leurs interlocuteurs.  Le dispositif a permis également d’animer une autre conversation avec la chargée de mission transition, et de chercher le juste rôle pour chacun. Du coté des deux chercheurs, l’approche par le terrain est venu bousculer et enrichir le cadre théorique: par exemple face à la rénovation énergétique trop couteuse d’un équipement, la question de délaisser celui-ci vient poser de nouvelles questions. D’autres thématiques sont venues bousculer le cadre théorique par des enjeux politiques très concrets. Quand la consommation énergétique des piscines explose, faut-il maintenir les séances bébé nageurs qui nécessitent de chauffer l’eau des deux bassins municipaux à des températures bien supérieures à celles nécessaires pour la pratique de la natation ? Cet exemple, très concret et très circonscrit permet de faire remonter une difficulté transverse à d’autres enjeux de transition écologiques : comment porter une ambition de sobriété, et rendre celle-ci désirable, quand elle vient heurter des usages particulièrement consensuels au sein de la population ?

Un arpentage pour projeter une approche de sobriété à l’échelle d’un territoire ?

L’enjeu, pour Pierre Chazan, s’est révélé être finalement moins la sensibilisation que la projection concrète d’une approche de sobriété à l’échelle d’un équipement, d’une compétence de la collectivité. La journée, et notamment le travail autours de la valeur créée au travers d’une approche de sobriété, a par contre souligné également son besoin d’être outillé pour convaincre les autres élu.e.s, les habitants, etc.  En termes de formation, cela pose la question de comprendre et de hiérarchiser les besoins pour mieux articuler sensibilisation et capacitation.

Former un collectif d’élu.e.s inter collectivité  à partir d’un territoire ‘bac à sable’ ?

Si un public mixte est intéressant pour faire un pas de coté, les élu.e.s ont besoin de bâtir des approches sur-mesure au regard des spécificité de leur territoire… voire de solution clés en main. La ligne de crête entre formation et accompagnement n’est pas facile à tenir, mais projeter une seconde édition à l’échelle du territoire d’une communauté de communes et de ses élu.e.s serait une étape de test intéressante.

Les prochaines étapes :

– Tester un module de formation V2 à partir des retours de Pierre Chazan et Marie Reyss, tout en adaptant des contenus au regard de l’évolution du contexte vis à vis de la notion de sobriété.

– Arpenter des communes avec des groupes d’élu.e.s pour mettre à l’épreuve les cadres théoriques proposés et tenter d’esquisser des solutions opérationnelles pour décliner les enjeux de sobriété.

– Tenter de dépasser la sobriété énergétique pour décadrer sur d’autres formes de sobriété et interroger plus globalement la création de valeurs pouvant accompagner les trajectoires de sobriété.

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Un speed dating pour aider les élu..e.s à s’appuyer sur les ressources de leur territoire https://deformations.la27eregion.fr/un-speed-dating-pour-aider-les-elu-e-s-a-sappuyer-sur-les-ressources-de-leur-territoire/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=un-speed-dating-pour-aider-les-elu-e-s-a-sappuyer-sur-les-ressources-de-leur-territoire Sun, 31 Jul 2022 21:48:30 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=657 La perte de la biodiversité a des conséquences en chaîne (changement climatique, accroissement des risques pour la santé humaine…). Faire une ville favorable à la biodiversité en s’appuyant sur les solutions fondées sur la nature constitue une des réponses possibles. L’enjeu est de construire localement des projets urbains favorables à la biodiversité et adaptés au changement climatique, fondés sur des solutions par la nature. Mais ces manières de faire, profondément différentes des modes habituels de conception des projets urbains, restent mal connues. Comment les diffuser et faciliter leur appropriation auprès des élus locaux du rural et du périurbain qui sont en première ligne face à ces enjeux ? Comment accompagner ces élus qui ont peu ou pas de services techniques, peu de ressources financières et des besoins réels d’appui et d’ingénierie auxquels, faute de moyens, ils ne peuvent généralement pas répondre.

Un speed dating entre élus et associations

Pour cela nous avons réalisé une expérimentation sur le territoire de la Communauté de Communes de la Brie des 2 Morins, dans le village de Jouy-sur-Morin en Seine-et-Marne. Elle a rassemblé huit élus (Maires ou adjoints), trois associations locales, un représentant du Parc Naturel Régional (PNR) en préfiguration, des techniciens de la communauté de communes, et l’Agence Régionale de la Biodiversité (ARB)/Institut Paris Region (IPR).

L’expérimentation visait à faire connaître aux élus l’offre de services, gratuite et de qualité, des associations locales et à les convaincre de son utilité pour faire émerger des projets adaptés et favorables à la biodiversité.

A travers cette expérience, il s’agissait de vérifier plusieurs hypothèses :

  • • Les élue.e.s ont besoin de mieux connaître et trouver des ressources sur leur territoire pour contribuer à faire système localement et construire des coopérations enracinées dans le territoire.
  • • Les associations locales sont une des ressources essentielles pour aider les élus à faire émerger des projets urbains favorables à la biodiversité, enrichir les projets et développer des approches plus concertées
  • • Faire la formation in situ, sur le lieu du projet et s’appuyer sur les propositions de projet concrètes des élus pour faire réagir les associations est la bonne manière de procéder pour faire levier pour de l’interconnaissance et des collaborations plus pérennes entre élu.e.s et associations locales sur les sujets de la biodiversité.

Une méthode simple à mettre en œuvre

L’expérimentation s’est inscrite dans une formation de trois demi-journées :

  • • la 1er demi-journée a été consacrée à une fresque de la biodiversité,
  • • la 2ème a permis des apports de contenus sur le sujet de la biodiversité et des solutions fondées sur la nature
  • • la 3ème a été consacrée à l’expérimentation.

L’expérimentation a été coordonnée par Klaire Houeix (ARB îdF) avec Gabrielle Huart (ARB), Jeanne Rouillard (IPR) et Brigitte Guigou (IPR).

Lors de cette dernière demi-journée, les huit élus ont été répartis en trois sous-groupes et ont travaillé sur un projet de requalification d’une place de centre bourg. La session s’est déroulée in situ, à proximité immédiate du site du projet. Pour leur projet, les élus se sont appuyés sur les contenus délivrés lors des deux demi-journées précédentes d’acculturation aux questions relatives à la biodiversité et aux solutions fondées sur la nature. L’objectif du projet était d’adapter les territoires aux changements climatiques globaux.

Le speed dating a été organisé avec trois associations locales (Seine et Marne Environnement, CAUE 77, Office pour la Préservation des Insectes et de leur Environnement (OPIE)). Le déroulé a été le suivant :

  • • travail en trois sous-groupes d’élus sur le projet (20 mn) présentation du projet à une association qui réagit (10 mn), retour en sous-groupe pour enrichir le projet (20 mn), et ce à trois reprises.

A la fin de la matinée chaque sous groupe présente son projet à l’ensemble des participants puis un bilan global de la ½ journée est organisé.

Quels retours d’expériences sur la fond et la forme ?

L’expérimentation a bien fonctionné : il y a eu une bonne complémentarité entre les trois associations, leurs commentaires et questions sur les projets ont été qualitatifs et sans jugement et ont fait avancer les trois groupes d’élus. Les temps d’interaction associations/groupes d’élus ont relancé la réflexion des élus sur le contenu de leurs projets et créé de l’émulation. Ils ont contribué à la mise en place d’une dynamique favorable.

L’organisation de l’expérimentation sur le site du projet a été un plus : les élus ont vu le site, ses alentours, l’exposition, l’ambiance… et en ont tiré des enseignements pour construire leur projet.

Le bilan à chaud des élus était aussi très positif, on peut même dire enthousiaste, plusieurs souhaitant renouveler le format et faire appel aux associations pour les accompagner dans l’élaboration de projets. Les élus ont bien pris conscience qu’ils pouvaient s’appuyer sur les associations ; ils sont repartis avec des contacts et, pour certains, la volonté de.faire appel aux associations.

La question de la relation avec les techniciens et de la complémentarité des rôles élu.e.s / techniciens n’a pas pu être posée et traitée, faute de temps.

Et maintenant ? Quelques conseils pour reproduire l’expérimentation et l’améliorer

Cette expérimentation va être reproduite. En effet à la demande d’élus et d’associations, plusieurs projets de formations d’élus mobilisant des associations sont en cours pour la fin de l’année 2022. Ce nouveau format s’intègre aujourd’hui à l’offre de l’ARB.

Ces nouveaux modules tiendront compte des recommandations issues de l’expérimentation. Durant la deuxième ½ journée, les formateurs apporteront d’avantage de matière et de contenus sur la  biodiversité, territorialisée, spécifique : quelles sont les actions concrètes en faveur de la biodiversité, les liens entre climat, adaptation et biodiversité ? Le manque de connaissances et savoir-faire sur les solutions concrètes a en effet un peu appauvri la conception des projets des élus. Par exemple la question de la pollution lumineuse (comment réduire l’éclairage la nuit sur la place du village ?), des différentes manières de tailler les arbres ou des choix d’essences de végétaux et de leur association pour favoriser la biodiversité végétale et animale, ont été peu pris en compte dans les projets.

D’autre part il sera intéressant de scénariser davantage le speed dating. Il faudra prévoir davantage de temps car le timing était trop juste, ce qui a laissé trop peu de temps aux échanges. Enfin le rôle du grand témoin (en charge de la préfiguration du PNR) sera pensé de manière plus coordonnée avec les objectifs pédagogiques de la formation.

Quels enseignements pour la formation des élus ?

. Choisir des associations locales diverses et complémentaires

. Veiller à une bienveillance et une absence de jugement dans les commentaires des associations sur le projet

. Réaliser la formation sur site, à proximité du projet, inciter les élus à aller voir, prendre des notes, réaliser un diagnostic de la situation

. Scénariser le speed dating et la séance de restitution

. Prévoir un temps convivial en début et fin de formation et mettre en scène les échanges de contacts entre élus et associations.

Auteures : Brigitte Guigou et Klaire Houeix
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Comment les approches inspirées du design et de l’intelligence collective questionnent-elles les pratiques et métiers au sein des agences d’urbanisme ? https://deformations.la27eregion.fr/comment-les-approches-inspirees-du-design-et-de-lintelligence-collective-questionnent-elles-les-pratiques-et-metiers-au-sein-des-agences-durbanisme/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=comment-les-approches-inspirees-du-design-et-de-lintelligence-collective-questionnent-elles-les-pratiques-et-metiers-au-sein-des-agences-durbanisme Sun, 31 Jul 2022 21:41:57 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=647 A la faveur du programme (dé)formations, l’Institut Paris Région a lancé un atelier favoriser les échanges et les expérimentations autours des méthodes inspirées du design et de l’intelligence collectives, diverses et utilisées dans différents contextes (études, contrats, recherches européennes, réunions préparatoires au SDRIF, programme (dé)formations…). Cet atelier mènera ce travail de façon coopérative en proposant un espace d’échanges, de valorisation et de production entre experts de l’Institut utilisateurs de ces méthodes. Il réunit un premier cercle d’une douzaine de personnes de plusieurs départements durant 2h tous les mois, jusqu’à la fin de l’année 2022. Transversal, il est porté par la direction générale. La 27ème région, laboratoire d’innovation d’action publique, est en appui à la démarche. Au lendemain du second atelier, quelques constats, et de premières pistes d’action pour la suite…

Premiers constats partagés

Il y a bien matière à partage et capitalisation à partir des expérimentations déjà menées par les participants à l’atelier. Celles-ci sont diverses, riches, innovantes. Elles sont plus souvent menées avec des partenaires extérieurs qu’en interne et résultent souvent d’initiatives individuelles ou de 2 ou 3 personnes travaillant de concert. Utilisées avec un objectif opérationnel à un moment d’un projet, elles sont bien acceptées par les partenaires. Elles sont aussi perçues comme utiles car elles contribuent à enrichir les projets, notamment par des connaissances nouvelles, une meilleure prise en compte des usages, davantage de participation, de formalisation, une logique d’essai erreur, des solutions plus ouvertes…

Les sources d’inspiration à partir desquelles ces méthodes sont construites sont diverses (design mais aussi méthodes de participation, sciences sociales appliquées, sciences de gestion, éducation populaire…) et sont retravaillées, bricolées, voir réinventées, pour les adapter au contexte et au projets. Elles sont complémentaires des méthodes classiques d’enquête et de conduite de projet. Lorsqu’elles sont racontées, elles semblent simples (trop simples ?), intuitives, faciles à mettre en œuvre ; elles reposent pourtant elles sur des compétences différentes de celles qui sont au cœur des pratiques professionnelles de l’Institut. Ces expérimentations supposent de « sortir » d’une posture d’expert pour adopter une posture de facilitateur, d’animateur, d’apporteur de méthodes (et non de contenus) et permettre l’intelligence collective. Cette évolution prend du temps et pose des question globales d’organisation (équilibre des charges de travail, reconnaissance, accompagnement, matériel nécessaire et organisation spatiale…). L’usage de ces méthodes suppose aussi qu’il soit possible d’expérimenter, en mode essai/erreur ; cela veut dire avoir le temps et la liberté pour innover, admettre que cela ne fonctionne pas toujours, accepter d’être surpris ou déçu par ce qui se passe. Les échanges montrent que cette posture d’expérimentation est possible à L’Institut.

La connaissance et l’utilisation de ces méthodes innovantes est récente et encore modeste à l’Institut. Leur diffusion a été facilitée par les récents plans de formation qui proposent une large palette d’initiation / approfondissement à ces méthodes (design public, formation de formateurs, animation de réunions…). La recherche action (Dé)formations y contribue. L’autoformation (lectures, recherches internet…), la participation à des rencontres (FNAU par exemple), les échanges informels avec des collègues ou partenaires, la mobilisation des réseaux personnels et professionnels jouent aussi un rôle important. Toutes ces initiatives sont complémentaires et à soutenir.

Premières pistes d’action

. Ces expérimentations et méthodes innovantes font rarement l’objet de retours d’expériences et de capitalisation. Il y a peu ou pas d’argumentaire sur leur utilité pour l’Institut. Il n’y avait pas jusqu’à présent d’attentes en ce sens, ni de supports pour le faire. La situation est différente pour les Agences régionales énergie climat ou biodiversité, qui inscrivent l’accompagnement des acteurs dans leurs missions.

. La diffusion progressive de ces méthodes à l’Institut et un besoin croissant d’aller vers plus de participation font bouger les lignes. Il paraît aujourd’hui utile de mettre en place cet atelier d’échanges d’expériences et de valorisation.

. L’atelier fonctionne de façon souple, agile et légère en évitant des écueils tels que le « fétichisme méthodologique » (penser que la méthode est une fin en soi) ou la tentation d’exhaustivité dans le recensement et la valorisation des méthodes (l’objectif n’est pas de multiplier les récits d’expérimentation mais d’en valoriser quelques-uns et d’expliquer pourquoi ils sont utiles).

. Le format de l’atelier permet cette souplesse. Il propose une rencontre mensuelle pour échanger sur des retour d’expériences, s’entraider, organiser des tests de méthodes à 2 ou 3 en fonction de ses centres d’intérêt, s’inspirer des témoignages de personnes ressources sur ces méthodes d’intelligence collective.

En résumé ces objectifs sont de : construire un plaidoyer argumenté, favoriser une communauté d’apprentissage, s’assurer des prérequis, dont la disponibilité du matériel nécessaire.

Esquisse d’une typologie des expérimentations et premiers enseignements

Comment se repérer dans le foisonnement des expérimentations présentées ? Une manière simple est de les classer en fonction de leur place dans les grandes étapes des projets ou programmes[1].

En amont du projet, s’appuyer sur les usages permet de construire de meilleurs cahiers des charges et programmes. Des méthodes misent sur l’immersion et l’approche sensible pour mieux comprendre et observer les usages.

  • Exemple d’outil d’immersion: pour faire évoluer une commande classique de valorisation de l’attractivité du campus du Plateau de Saclay, l’Institut propose une série de marches sensibles à différentes catégories d’acteurs qui sont aussi des usagers du territoire (étudiants, usagers, enseignants/chercheurs, entreprises). L’arpentage permet de prendre conscience des usages, des besoins et problèmes concrets du territoire qui étaient « hors radar ». C’est aussi l’occasion d’échanger en situation entre parties prenantes, d’élargir sa représentation des problèmes et solutions, de partager un temps convivial. Pour les parties prenantes, la méthode agit comme un « électrochoc ». Elle contribue à l’élaboration d’un programme qui prend mieux en compte la diversité des usages et permet d’adopter une démarche ouverte identifiant des problèmes sur lesquels il est possible d’agir.

En début de projet, organiser une veille créative avec des exemples inspirants et des récits du futur, alimente le projet

  • exemple d’outil de veille créative : dans l’expérimentation « un tiers temps pour un tiers lieux » menée dans le cadre du programme (Dé)formations, la demande initiale de la commune de Paray-Vieille Poste et du CAUE qui l’accompagne dans un projet d’urbanisme transitoire est d’organiser un court temps d’échange entre partie prenante pour faire le point sur l’avancée du projet, clarifier les objectifs et dénouer les tensions. Puis, par effet rebonds, deux autres séquences d’une heure trente sont demandées : l’une pour exposer des exemples inspirants pouvant alimenter le projet ; l’autre pour échanger autour de récits fictifs situés en 2040 d’expériences d’habitants dans le lieu du projet d’urbanisme transitoire. Ces supports ont permis à des acteurs de réagir à des images d’un futur souhaitable ou indésirable.
  • 2ème exemple d’outil de veille créative : pour accompagner les élus de l’Agence des Espaces Verts (AEV) dans l’élaboration de leur stratégie de mandat, les équipes du DEUR et de l’AEV préparent une revue de presse fictive et prospective. L’idée est d’imaginer et de raconter de manière journaliste différentes réalisations et résultats concrets et réalistes, à horizon 2040. Le dispositif proposé permet des échanges autour des coupures de presse, une notation par les élus sur un critère de désirabilité et par les techniciens sur un critère de faisabilité, puis un exercice d’élaboration par les élus d’un plan d’action. La méthode facilite les échanges et l’imagination et donne du sens par la mise en récit. Le travail préparatoire amont entre l’Institut et l’AEV permet de partager une vision de l’avenir et a été une vraie bonne surprise.

Ces deux exemples témoignent de l’intérêt des méthodes prospectives et fictionnels, de la puissance des récits prospectifs et de l’importance des imaginaires.

L’étape centrale de la co-conception permet d’associer les usagers et opérateurs à la conception des projets ou programmes, d’organiser des espaces et temps collaboratifs pour faciliter l’expression des parties prenantes.

  • Exemple d’outil de co-conception : dans le cadre de la préparation du Sdrif, l’équipe projet de l’Institut été invitée à commenter/compléter avec des post-it une carte mentale mettant en relation les principales thématiques du document de planification. L’objectif est d’enrichir chaque thématique ainsi que la vision globale du projet en sollicitant chaque membre de l’équipe projet, donc tous les métiers de l’Institut, de façon transversale, y compris hors de son propre champ d’expertise. L’objectif est que chacun s’exprime, y compris sur ce dont il n’est pas spécialiste, de façon spontanée. Les retours d’expériences sont positifs : cela permet d’avancer avec plus d’efficacité sur le document de planification et contribue à une culture commune dans l’équipe projet.
  • 2ème exemple d’outil de co-conception: dans l’expérimentation menée par l’ARB dans le cadre du programme (Dé)formations, une dizaine d’élus d’une même communauté de commune sont invités à co-construire in situ un projet de renaturation d’une place de village. Pour enrichir le projet, un « speed dating » est organisé entre les 3 groupes d’élus et 3 associations locales (CAUE 77, SEME 77, OPIE) : chaque groupe d’élus présente sa proposition à l’une des trois associations qui réagissent à chaud, puis les élus retravaillent leur projet à partir des remarques et questions formulées par les associations, avant de présenter le résultat en grand groupe. Cette circulation créée une dynamique et une émulation et le projet s’enrichit au fil des échanges élus/associations.

Une fois le projet amorcé, formaliser et représenter des propositions de manière à les rendre partageables et appropriables.

  • Exemple d’outil de facilitation graphique. Lors d’une mission sur l’économie circulaire à Abidjan, les parties prenantes présentent un plan d’action en 200 mesures. Le recours à la facilitation graphique aide les participants à prioriser les mesures et à aboutir à un plan d’action plus synthétique et opératoire. Mais la facilitation graphique peut aussi être utilisée pour partager un compte-rendu d’entretien en temps réel et s’assurer des points d’accords ou pour dessiner des propositions sur un fond de carte afin de les territorialiser et de les rendre plus concrètes. Et il n’est pas nécessaire de savoir dessiner. Un schéma, l’utilisation de symboles ou flèches sur un fond de plan sont très efficace !

Ce rapide survol, qui n’est pas exhaustif, montre que la plupart des expérimentations racontées lors des ateliers se situent en amont d’un projet ou programme. Il y a une nécessité de mobiliser ces méthodes et les outils du design dans la phase amont et d’explorer un sujet en s’appuyant sur ces méthodes pour faire bouger les lignes et le faire de manière très concrète.

Auteure : Brigitte Guigou, Institut Paris Région

[1] Voir le 4 pages de l’agence Vraiment Vraiment : « Le design des politiques publiques. Outiller l’innovation des politiques publiques »: https://universiteinnovationpublique.files.wordpress.com/2018/05/designdepolitiquespubliques.pdf

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Un quizz pour aider les élu.es à faire les premiers pas vers la transition https://deformations.la27eregion.fr/un-quizz-pour-aider-les-elu-es-a-faire-les-premiers-pas-vers-la-transition/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=un-quizz-pour-aider-les-elu-es-a-faire-les-premiers-pas-vers-la-transition Sun, 20 Mar 2022 18:31:28 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=587

Notre enquête a montré que beaucoup d’élu.es se sentaient submergés d’informations sur les enjeux de la transition écologique, et cherchaient désespérément des boussoles pour s’y retrouver. Ce constat vaut dans les collectivités de taille significative -quand bien même elles sont théoriquement équipées pour analyser, filtrer l’information- mais il s’applique au moins autant dans les petites communes dans lesquelles les ressources en ingénierie sont plus rares.

Par quoi commencer ? Comment se poser les bonnes questions ? Comment se positionner à la fois individuellement et en tant que collectif ? Sur quoi faut-il se former et progresser ? Si quelques rares équipes municipales se sont posées ces questions -par exemple en se dotant de chartes ou de stratégies de formation en matière de transition écologique- dans la très grande majorité des cas il manque une étape de diagnostic, ou bien un dispositif qui permettrait de réaliser un instantané sur les représentations portées par les élu.es en matière de transition écologique.

Un quizz à vocation incitative

Pour explorer cette hypothèse, nous avons choisi de réaliser une série de tests autour d’un outil d’autodiagnostic, conçu pour aider les élu.es à identifier d’où ils partent en matière de transition écologique et à se poser les bonnes questions initiales. Cet outil a pris la forme d’un ensemble de questions et de réponses présentées sous la forme d’un quizz -à l’image de ceux que l’on peut trouver dans la presse magazine, c’est-à-dire ludique, sans jargon, lisible au delà des cercles d’experts. Pour chacune des 5 questions posées dans le quizz, l’élu.e choisit parmi les 6 à 7 propositions émises (plusieurs réponses possibles), et en additionnant ses réponses, l’élu.e peut savoir dans quel style d’élu « en transition » il se trouve, : sobriété, lien social, partage du pouvoir, 

L’ambition assumée de cet outil n’était pas de produire un savoir scientifique ou expert, mais plutôt de jouer un rôle incitatif : rassurer les élu.es en leur montrant que, quel que soit leur positionnement actuel, ils ont déjà au moins un pied dans la transition -même si ça ne passe que par des actions tangibles mais peu spectaculaires- et de les inviter à poursuivre dans cette voie.

Une expérience menée de juin 2021 à février 2022

Le test a fait l’objet d’un travail collaboratif rassemblant la 27e Région (Stéphane Vincent), l’Institut Paris Région (Jeanne Rouillard, Alienor Heil-Selimanvski), et des formateurs spécialisés dans la formation des élu.es aux transitions, tout particulièrement La Route en Communes (Ulysse Blau) et formatrice Elisabeth Le Brun, épaulés par l’agence de design Pratico-Pratique (Jeanne Schelle). A partir d’une première maquette du quizz, plusieurs tests successifs ont été réalisés avec des élu.es. Le quizz a été testé dans des contextes variés, tantôt individuellement, tantôt collectivement, et amélioré au fil. A travers ces tests, nous voulions valider ou invalider plusieurs hypothèses :

– Du point de vue des élu.es, il s’agissait de vérifier si le quizz les aidait à mieux se situer individuellement en matière de transition écologique, de mieux voir d’où ils partaient ; il s’agissait aussi de vérifier s’il les aidait à mieux se situer collectivement, par exemple au sein d’un même exécutif ; il s’agissait enfin de vérifier si le quizz encourageait ou non la discussion et provoquait une envie d’agir chez les élu.es qui l’ont rempli ;

– Du point de vue des formateurs ou des intervenants spécialisés travaillant avec les élu.es, il s’agissait de vérifier si le quizz permettait de mieux apprécier quelle était la sociologie des élu.es avec lesquels ils allaient débuter une coopération, et si cette connaissance allait être utile par la suite ;

Plusieurs tests ont été réalisés : avec un élu d’une commune de 1500 habitants du Calvados, puis le maire d’une commune de 1400 habitants de Haute-Loire, puis l’élue développement durable d’une commune de 1000 en Essonne ; Le quizz a ensuite été testé avec le maire d’une commune de 4500 habitants en Gironde, avec une élue en charge de l’environnement d’une commune de 2500 habitants du même département. Les tests successifs ont permis d’apporter au fil de l’eau des améliorations en termes de compréhension, de clarification, de mise en forme, de consignes d’utilisation, et d’améliorer les chances de suivi.

Des enseignements plutôt positifs

La plupart des répondants ont trouvé le quizz à la fois simple et amusant. Ils ont mis en moyenne 12 à 15 mn pour le remplir. 

Certains ont été surpris de voir qu’ils étaient dans une catégorie de réponse, alors qu’ils s’imaginaient dans une autre. Pour plusieurs répondants, le quizz a provoqué de nouvelles réflexions. Ils ont apprécié de pouvoir lire les autres catégories, pour s’inspirer. 

Plusieurs ont manifesté le souhait de partager le quizz avec un ou plusieurs collègues, voire le présenter en conseil municipal. On ne sait pas si des élu.es ont consulté les ressources mentionnées dans les résultats pour aller plus loin, mais tous ont trouvé intéressant qu’elles y soient.

Les élus recherchent des exemples, de la matière. Mais quand on leur en donne (les pistes à creuser à la fin de chaque “profil”), ils ont plutôt tendance à les stocker dans un coin qu’à les explorer tout de suite.

Désacralisée, la transition écologique est accessible. On s’en rend compte grace à ce quizz qui permet de toucher des élus n’ayant pas forcément identifié cette “fibre en eux”.

Pour reproduire cette expérimentation, rien de plus simple, il suffit de transférer le document. Ce quizz pourrait être agrandi, approfondi, thématisé. L’objectif initial était de créer une porte d’entrée. Mais cette porte pourrait être retravaillé. Dans l’état, ce quizz peut d’ors et déjà être utilisé.

Pour accéder au quizz : Cliquer ici.

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Le “café inspirant” pour exprimer et banaliser les controverses sur l’urbanisme transitoire https://deformations.la27eregion.fr/le-cafe-inspirant-pour-exprimer-et-banaliser-les-controverses-sur-lurbanisme-transitoire/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-cafe-inspirant-pour-exprimer-et-banaliser-les-controverses-sur-lurbanisme-transitoire Thu, 10 Mar 2022 17:16:52 +0000 https://deformations.la27eregion.fr/?p=541 Si la richesse sociale et les impacts urbains de l’urbanisme transitoire contribuent à son essor, ce nouveau mode de fabrique de la ville incite à renouveler les postures et les méthodes de l’action publique.  Souvent transversaux, les projets nécessitent une collaboration entre services et un apprentissage croisé entre élus et techniciens. L’occupation transitoire vient alimenter la programmation future, et le devenir du site se dessine au fil de l’eau. Autant d’éléments qui sous-entendent un savant dosage entre le lâcher prise et la vision commune. Qui pilote ? et à quoi veut-on aboutir ? sont les deux questions taboues de l’urbanisme transitoire. Des questions qui peuvent rester sans réponse mais qui sont parfois à l’origine d’incompréhensions. C’était l’objet de ce café inspirant, organisé avec la complicité du CAUE de l’Essonne.

Vive le bavardage !

Pour lever les non-dits, il faut sortir du cadre classique des réunions en proposant un tiers temps, à cheval sur le projet. Le “café inspirant” réunit des élus et des techniciens pour un moment privilégié de conversation fluide, respectueuse, transparente, et confidentielle. L’objectif : créer un cadre protégé (pas de hiérarchie) dans lequel il devient possible d’exprimer les inquiétudes et de questionner l’implicite.
Les outils : un témoignage extérieur (vécu) et un jeu de cartes comprenant des photos et des verbatims, illustrant les controverses de l’urbanisme transitoire. Le choix des cartes par chacun des protagonistes est l’occasion de pointer du doigt un des aspects du projet, sujet à débat, ou nécessitant d’être précisé. La posture volontairement naïve des animateurs invite les participants à plus de clarté et de sincérité. La variété des expériences est destinée à banaliser leurs interrogations ou leurs difficultés (d’autres les ont vécues également).

Un peu d’explicite pour redonner du souffle au projet

Par le biais d’expériences et de témoignages, c’est l’occasion d’aborder des points essentiels, comme ce qu’on attend des uns et des autres, ce qu’on projette dans l’avenir du site, d’exprimer des craintes sur la gouvernance des lieux, ou encore de se poser la question des synergies et de mettre l’accent sur la nécessité d’une meilleure coopération entre les acteurs. Bref, d’éclaircir le paysage pour envisager de bâtir une vision commune.

Léger mais costaud

Notre « café inspirant » s’est avéré positif pour plusieurs raisons : un moment convivial et fluide, et des prises de paroles équilibrées. A condition de mettre les élus dans une posture active, de dé-siloter les enjeux, de laisser une place à l’improvisation et à la spontanéité, de mettre en confiance en garantissant la confidentialité des échanges … le “café inspirant” est un format léger et efficace, surtout lorsqu’il s’agit de déverrouiller des situations bloquées ou de lever le tapis, bref d’identifier les besoins en matière d’accompagnement. En effet, propice au diagnostic, il peut s’envisager comme un préalable à une formation plus technique. On fait le tour du sujet, on voit quelles sont les zones d’ombre, et les éléments du projet qui nécessiteraient un approfondissement sur-mesure. Nous travaillons maintenant à un temps de rebond pour lui offrir des suites.

Auteure : Lucile Mettetal (chargée d’études et de projets à L’Institut Paris Region)
Illustration : Jeanne Schelle
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