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Des élu.e.s enquêteurs sur les modèles de transition, plusieurs ateliers pour identifier les leviers pour un projet de méthanisation ou favoriser la rénovation énergétique des copropriétés de son territoire, des groupes d’entraide mutuelle ou d’appui aux élu.e.s désireux de faire évoluer leur rôle dans un contexte de transition écologique ou démocratique, un outil d’auto-diagnostic … Plusieurs des pistes de notre cahier d’idées sont d’ores et déjà en cours de test, d’autres sont en préparation (nous cherchons d’ailleurs encore des terrains et des élu.e.s). 

Premiers retours d’expériences et florilège de sujets ici !  

1 – Des élu.e.s enquêteur pour identifier les leviers pour accompagner un projet de méthanisation sur leur territoire

De plus en plus de collectivités cherchent à enclencher des projets de méthanisation, à la croisée de différentes politiques et objectifs environnementaux de transition : valorisation des déchets, transition énergétique, transition agro-écologique. Le rôle des élus peut sembler mal défini dans ces projets souvent complexes. Sans compétence identifiée sur le sujet, leur implication est néanmoins clé et de nombreuses questions se posent à eux : quelle place la collectivité peut-elle prendre dans la démarche? Comment impliquer et convaincre les habitants, les associations et l’ensemble des parties prenantes du territoire?   Quels sont les prérequis à négocier en amont avec les porteurs de projet? En quoi la méthanisation peut-elle contribuer à la dynamique économique du territoire ? Y a t-il un intérêt financier pour le territoire et la collectivité? etc.

L’expérimentation a été menée en partenariat avec le programme Prométha, plateforme au service des acteurs de la méthanisation d’Ile-de-France, et avec  la participation de l’AREC Ile de France qui en est l’animateur et le coordinateur.  L’expérimentation vise à accompagner des élus sur ce type de projet et plus particulièrement à  mieux identifier leur rôle, les leviers, les freins et controverses qui caractérisent de tels projets, en s’appuyant sur les retours d’expérience de leurs pairs ; mieux cerner leurs besoins réels de formation et d’appui pour aller plus loin, enclencher leur projet, et nourrir les propositions  du programme PROMÉTHA. 

Pour cela,  nous avons imaginé un dispositif d’élu.e.s enquêteurs auprès d’autres élu.e.s ayant déjà mené ce type de projets. L’objectif est de collecter de l’information ‘à hauteur d’élu.e.s’ pour identifier notamment les leviers ou rôles à embrasser (en se démarquant par exemple d’une information technique). C’est aussi de créer un cadre protégé pour que les élus puissent partager leur expérience avec leurs pairs y compris dans des territoires  proches ou d’échelle similaire (en permettant un changement de posture) et d’identifier les besoins d’appui au plus près de leurs situations et de leurs projets. Ce premier test a été réalisé en octobre 2021 avec un groupe d’une quinzaine d’élu.e.s franciliens. Il donnera lieu à différents rebonds, l’ensemble est documenté ici.

2 – Un outil d’auto-diagnostic, en association avec Ulysse Blau et la coopérative Fréquence commune

L’outil d’auto-diagnostic est à utiliser en amont d’une formation d’élu.es sur les transitions. Conçu sous la forme d’un simple quizz de presse magazine, il  n’a pas, à proprement parler, de fondement scientifique. Son objectif est de permettre à tout élu.e de commencer à se situer en matière de transition. Il doit ainsi aider des formateurs à construire leur proposition en prenant pour point de départ l’approche et les besoins des élu.e.s. Appliqué à un groupe d’élu.es, il peut contribuer à construire une vision d’ensemble, et à ’identifier des socio-styles d’élu.e.s par rapport aux enjeux de transitions : quels sont, par exemple, celles/ceux qui entrent dans la transition par le prisme social, par le prisme technologique, ou encore par les approches culturelles?

Sous-titré “Et vous, quel est votre style de transition ?”, il est organisé autour de 5 thèmes,  comprenant chacun 6 réponses possibles. En fonction de ses choix, le répondant est renvoyé à l’un des 7 styles existants(lien social, partage du pouvoir, sobriété, etc). Il a été conçu par Ulysse Blau (Oxalis), Stéphane Vincent (la 27e Région), Jeanne Rouillard (IPR), Alienor Heil-selimanovski (IPR), avec l’appui graphique de Jeanne Schelle. Il n’a pas encore été testé, nous cherchons des terrains. Une version en ligne type “framaforms” est en cours d’élaboration.

3 – La « Non-conférence des transitions : du bois dont on fait le Clunisois » 

L’idée de non-conférence part de l’hypothèse que les élu.e.s possèdent déjà de multiples formes d’expertises et de connaissances, mais que ce gisement est insuffisamment exploité. Elle vise à tester la capacité des élu.e.s d’un même territoire à partager leurs connaissances et expertises en “pair à pair”, sans intermédiaire, dans un court temps, mais également à cartographier les expertises déjà présentes et celles qui manquent. Suivant les principes de la non-conférence (ou “forum ouvert), ce sont les élu.e.s eux-mêmes qui décident des sujets et animent les ateliers qui composent le programme, l’ensemble étant documenté pour des usages ultérieurs. 

Profitant de la mise en oeuvre d’un projet de territoire de la Communauté de communes du clunisois (région Bourgogne) fortement axé vers la lutte contre le changement climatique (objectif de réduction de l’empreinte carbone par 5 en 20 ans) et en amont de la mise en oeuvre du plan climat, nous avons conduit une non-conférence consacrée aux enjeux de la ressource en bois dans une logique clunisois bas-carbone. Elle s’est tenue le 10 novembre pendant 2h30, avec la participation d’une vingtaine d’élu.e.s volontaire, et de quelques agents, avec l’appui de l’équipe KCitizen, des équipes de la Comcom de Cluny ainsi que d’un groupe de 10 étudiants en sociologie de l’Université de Lyon. Les premiers témoignages des élu.es sont positifs : les ateliers ont permis de décloisonner les sujets, et de nombreuses connaissances ont été échangées au cours des ateliers. La principale limite est venue du fait que les élu.e.s de Cluny pratiquent déjà des échanges transversaux au sein de leurs commissions habituelles et autour de l’élaboration de leur projet de territoire, l’effet d’apprentissage était donc, pour certains, limité. 

4 -Faire le point sur les besoins des élu.e.s pour mieux accompagner la rénovation énergétique des co-propriétés (dans le cadre du projet RECIF- REnovation des Immeubles de Copropriété en France porté par l’AREC et l’Institut Paris Region..) 

La rénovation énergétique des logements constitue un enjeu écologique, social et économique fort : il s’agit d’un levier pour améliorer la qualité de vie et le confort des habitants, lutter contre la précarité énergétique et préserver le patrimoine des communes, tout en participant au développement économique et à la création de l’emploi local. Compte tenu de la part importante d’habitat collectif en Île-de-France, mieux accompagner la rénovation des immeubles en copropriété représente un défi pour de nombreuses collectivités franciliennes. Quels sont les leviers actionnables par les élu.e.s pour être acteurs de la rénovation du parc de copropriétés ?  Comment mieux mobiliser les acteurs locaux et les copropriétés ? Comment faciliter une meilleure coopération entre élu.e.s et techniciens sur le sujet ? 

Dans le cadre du programme RECIF, nous avons imaginé un format d’échange en deux sessions adressé à des binômes élu.e.s – techniciens du territoire de la Plaine Vallée (Val d’Oise) pour faciliter le partage d’informations et d’expériences entre communes ; produire des outils adaptés aux besoins et connaissances des élu.e.s ; permettre la formulation de projets d’actions concrètes en faveur de la rénovation énergétique des copropriétés des territoires participants.

Le premier atelier, organisé le 23 novembre prochain à destination d’une dizaine d’élu.e.sdu territoire, permettra d’identifier l’expérience et les besoins des participants, de cartographier les leviers disponibles au regard des spécificités de leur territoire et d’évaluer les contenus pédagogiques existants ; le second permettra de s’approprier des outils produits au regard des enseignements du premier, adaptés aux besoins de chacun et de construire une trajectoire et des premiers pas.

5 – Des élu.e.s en enquête sur les démarches inspirantes de transition en partenariat avec le Centre ressource du Développement durable

L’idée au coeur de l’outil “l’élu.e enquêteur.trice” est de permettre à ce dernier de comprendre par lui-même, sans intermédiaire, à la façon d’un journaliste d’investigation, les mécanismes au cœur d’un projet – en l’occurrence une démarche inspirante liée aux transitions. Une première version de ce test a été conçue en partenariat avec un cycle de formation à la transition et à la participation citoyenne de 15 duos élu/agents venus de communes des Hauts de France, organisé par le CERDD à Loos-en-Gohelle. Elle a été testé le 8 juillet, à partir d’un ensemble de consignes données à quelques élus volontaires. Au vu des premiers résultats, des améliorations ont été apportées en vue d’un nouveau test réalisé pour une deuxième séance début octobre, puis une nouvelle séance le 16 novembre. Cette fois, les élu.e.s disposaient d’une liste de projets inspirants dans le champs des transitions (les 50/50 à Loos-en-Gohelle, les démarches Zéro Déchets menés par la République des Hypervoisins à Paris, etc), ainsi que des contacts téléphoniques des porteurs de projets, et des liens vers des ressources documentaires. Les premiers retours sont positifs et nous allons produire un retour d’expérience prochainement.

6 -Un atelier sobriété énergétique, en lien avec les chercheurs Julie Mayer (École Polytechnique) Mathias Guérinneau (Université de Nantes) et leurs récents travaux sur la sobriété énergétique (Futurs énergétiques 2050, RTE)

Faire moins pour générer plus ? Et si l’on abordait la question de la sobriété en commençant par porter un nouveau regard sur son territoire ? Et si, dans un contexte dans lequel les préconisations des experts scientifiques ont du mal à se traduire en termes de transformation des politiques publiques, on travaillait à nourrir un dialogue plus fertile entre chercheurs et élu.e.s, y compris dans des territoires dotés de peu d’ingénierie ? 

Partant d’une déconstruction collective de la notion de sobriété et proposant d’arpenter son territoire à la recherche de leviers “sobriété” à activer, cette expérimentation d’alternera points de vue micro et macro pour “incarner” un objectif de transition souvent galvaudé. Ils’agit de proposer à des élus de “prendre de la hauteur” à partir de leurs enjeux micros et locaux et de déconstruire le “pilier sobriété” pour élaborer des feuilles de route concrètes à l’échelle des territoires des élus accompagnés. Elle s’adresse à la fois à des élu.e.s circonspects devant la notion de sobriété et motivé.e.s pour penser “concret” à partir d’enjeux “complexes”, et à des élus au fait des enjeux climatiques. Il s’agit, après un atelier construction / déconstruction de la notion de sobriété, de réaliser un arpentage du territoire de chaque élu.e participant avec une nouvelle grille de lecture et des outils de recensement des dynamiques existantes. La dernière session cherchera à proposer des leviers pour ces dynamiques déjà existantes et en positionner de nouvelles (en s’appuyant sur le canevas sobriété).

Nous recrutons en ce moment des élu.e.s pour participer à ce test, qui démarrera en janvier 2022.

7 – Un groupe d’entraide mutuelle pour élu.e.s à la transition écologique

Le groupe d’entraide mutuelle entre élus face aux enjeux de transition écologique est librement inspiré des Groupes d’Entraide Mutuelle, animés par et pour les patients comme le présente l’article Trois premières pistes pour aider nos élu.e.s « lost in transitions ». Il s’agit de proposer un espace sécurisé et de prolonger l’écoute réciproque par une mutualisation des ressources déployées face à une expérience similaire. L’objectif de l’expérimentation est d’identifier les modalités efficientes de constitution du groupe de pairs : quelle formulation du problème rassemble ? La constitution du groupe commence par une conversation pour se mettre d’accord sur les difficultés qui mériteraient d’être abordées entre pairs. Notre élue intéressée est adjointe chargée de la Transition Écologique dans une ville périurbaine d’Ile de France. Il se trouve qu’elle est également chargée des politiques culturelles. Elle formule clairement les difficultées qu’elle rencontre. Selon elle, la  fonction l’élu à la transition écologique est soumise à des tensions : La transition écologique : une mission transversale… ou une délégation spécifique ? Ou la placer dans l’organigramme ? Comment faire pour dialoguer avec tous les services ? La transition écologique : un processus permanent ou une mission taskforce ? Comment concilier urgence et temps long ? Comment aider chaque acteur dans sa transition ? La transition écologique : au dehors (avec les citoyens, partenaires…) ou d’abord au-dedans (avec les agents, tous les services, les marchés publics, …) ?

Il s’agit maintenant de recruter d’autres élus adjoint.e.s, en charge de la Transition Écologique qui se sentiraient concernés pour leur proposer d’en discuter avec leur collègues. 

8 – Un “café inspirant” élu.e.s techniciens pour exprimer et banaliser les controverses, en partenariat avec le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de l’Essone 

Si la richesse sociale et les impacts urbains de l’urbanisme transitoire contribuent à son essor, ce nouveau mode de fabrique de la ville incite à renouveler les postures et les méthodes de l’action publique.  Souvent transversaux, les projets nécessitent une collaboration entre services et un apprentissage croisé entre élus et techniciens. L’occupation transitoire vient alimenter la programmation future, et le devenir du site se dessine au fil de l’eau. Autant d’éléments qui sous-entendent un savant dosage entre le lâcher prise et la vision commune. Qui pilote ? et à quoi veut-on aboutir ? sont les deux questions tabous de l’urbanisme transitoire. 

Le “café inspirant” réunissait les élus et les techniciens impliqués. Il a été défini comme un tiers temps à cheval sur le projet et devait prendre la forme d’une conversation fluide, respectueuse, transparente, et confidentielle. L’objectif : créer un cadre protégé (pas de hiérarchie) dans lequel il devient possible d’exprimer les inquiétudes et les incompréhensions. Les outils : un témoignage extérieur (vécu) et un jeu de cartes comprenant des photos et des verbatims, illustrant les controverses de l’urbanisme transitoire. Le choix des cartes par chacun des protagonistes étaient l’occasion de pointer du doigt un des aspects du projet, sujet à débat, ou nécessitant d’être précisé. La posture naïve des animateurs incitant les participants à plus de clarté et de sincérité. La variété des expériences était destinée à banaliser leurs interrogations ou leurs difficultés (d’autres les ont vécues également). Le constat : une approche efficace lorsqu’il s’agit de déverrouiller des situations bloquées, de faire en sorte que tout le monde s’exprime, de mettre l’accent sur des aspects du projet jusque-là “mis sous le tapis”, bref de rendre explicite l’implicite et d’identifier les vrais besoins en matière d’accompagnement (ici la gouvernance des lieux).

En cours de construction:

9 – Identifier et appuyer l’évolution du rôle des élu.e.s dans les communes participatives, en lien avec la coopérative Fréquences communes 

Comment le développement de nouvelles formes démocratiques  d’association des citoyens à l’action publique amène t-il le rôle des élu.e.s à évoluer ? Organisées par Fréquence commune, coopérative qui accompagne les municipalités et les collectifs impliqués dans la démocratie locale, les premières rencontres des communes participatives se sont déroulées à Autrans en octobre dernier.  L’expérimentation portera  sur la suite du travail en pair à pair entre maires initié lors de ces rencontres, avec pour point de départ l’évolution de leur rôle dans un contexte de transition démocratique de leur commune (évolution de la fonction, de la posture, du rôle, de la perception vis à vis des habitants, du mode de fonctionnement avec l’administration, les autres élu.e.s, etc.). L’expérimentation démarrera en janvier prochain.