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Notre enquête a montré que beaucoup d’élu.es se sentaient submergés d’informations sur les enjeux de la transition écologique, et cherchaient désespérément des boussoles pour s’y retrouver. Ce constat vaut dans les collectivités de taille significative -quand bien même elles sont théoriquement équipées pour analyser, filtrer l’information- mais il s’applique au moins autant dans les petites communes dans lesquelles les ressources en ingénierie sont plus rares.

Par quoi commencer ? Comment se poser les bonnes questions ? Comment se positionner à la fois individuellement et en tant que collectif ? Sur quoi faut-il se former et progresser ? Si quelques rares équipes municipales se sont posées ces questions -par exemple en se dotant de chartes ou de stratégies de formation en matière de transition écologique- dans la très grande majorité des cas il manque une étape de diagnostic, ou bien un dispositif qui permettrait de réaliser un instantané sur les représentations portées par les élu.es en matière de transition écologique.

Un quizz à vocation incitative

Pour explorer cette hypothèse, nous avons choisi de réaliser une série de tests autour d’un outil d’autodiagnostic, conçu pour aider les élu.es à identifier d’où ils partent en matière de transition écologique et à se poser les bonnes questions initiales. Cet outil a pris la forme d’un ensemble de questions et de réponses présentées sous la forme d’un quizz -à l’image de ceux que l’on peut trouver dans la presse magazine, c’est-à-dire ludique, sans jargon, lisible au delà des cercles d’experts. Pour chacune des 5 questions posées dans le quizz, l’élu.e choisit parmi les 6 à 7 propositions émises (plusieurs réponses possibles), et en additionnant ses réponses, l’élu.e peut savoir dans quel style d’élu « en transition » il se trouve, : sobriété, lien social, partage du pouvoir, 

L’ambition assumée de cet outil n’était pas de produire un savoir scientifique ou expert, mais plutôt de jouer un rôle incitatif : rassurer les élu.es en leur montrant que, quel que soit leur positionnement actuel, ils ont déjà au moins un pied dans la transition -même si ça ne passe que par des actions tangibles mais peu spectaculaires- et de les inviter à poursuivre dans cette voie.

Une expérience menée de juin 2021 à février 2022

Le test a fait l’objet d’un travail collaboratif rassemblant la 27e Région (Stéphane Vincent), l’Institut Paris Région (Jeanne Rouillard, Alienor Heil-Selimanvski), et des formateurs spécialisés dans la formation des élu.es aux transitions, tout particulièrement La Route en Communes (Ulysse Blau) et formatrice Elisabeth Le Brun, épaulés par l’agence de design Pratico-Pratique (Jeanne Schelle). A partir d’une première maquette du quizz, plusieurs tests successifs ont été réalisés avec des élu.es. Le quizz a été testé dans des contextes variés, tantôt individuellement, tantôt collectivement, et amélioré au fil. A travers ces tests, nous voulions valider ou invalider plusieurs hypothèses :

– Du point de vue des élu.es, il s’agissait de vérifier si le quizz les aidait à mieux se situer individuellement en matière de transition écologique, de mieux voir d’où ils partaient ; il s’agissait aussi de vérifier s’il les aidait à mieux se situer collectivement, par exemple au sein d’un même exécutif ; il s’agissait enfin de vérifier si le quizz encourageait ou non la discussion et provoquait une envie d’agir chez les élu.es qui l’ont rempli ;

– Du point de vue des formateurs ou des intervenants spécialisés travaillant avec les élu.es, il s’agissait de vérifier si le quizz permettait de mieux apprécier quelle était la sociologie des élu.es avec lesquels ils allaient débuter une coopération, et si cette connaissance allait être utile par la suite ;

Plusieurs tests ont été réalisés : avec un élu d’une commune de 1500 habitants du Calvados, puis le maire d’une commune de 1400 habitants de Haute-Loire, puis l’élue développement durable d’une commune de 1000 en Essonne ; Le quizz a ensuite été testé avec le maire d’une commune de 4500 habitants en Gironde, avec une élue en charge de l’environnement d’une commune de 2500 habitants du même département. Les tests successifs ont permis d’apporter au fil de l’eau des améliorations en termes de compréhension, de clarification, de mise en forme, de consignes d’utilisation, et d’améliorer les chances de suivi.

Des enseignements plutôt positifs

La plupart des répondants ont trouvé le quizz à la fois simple et amusant. Ils ont mis en moyenne 12 à 15 mn pour le remplir. 

Certains ont été surpris de voir qu’ils étaient dans une catégorie de réponse, alors qu’ils s’imaginaient dans une autre. Pour plusieurs répondants, le quizz a provoqué de nouvelles réflexions. Ils ont apprécié de pouvoir lire les autres catégories, pour s’inspirer. 

Plusieurs ont manifesté le souhait de partager le quizz avec un ou plusieurs collègues, voire le présenter en conseil municipal. On ne sait pas si des élu.es ont consulté les ressources mentionnées dans les résultats pour aller plus loin, mais tous ont trouvé intéressant qu’elles y soient.

Les élus recherchent des exemples, de la matière. Mais quand on leur en donne (les pistes à creuser à la fin de chaque “profil”), ils ont plutôt tendance à les stocker dans un coin qu’à les explorer tout de suite.

Désacralisée, la transition écologique est accessible. On s’en rend compte grace à ce quizz qui permet de toucher des élus n’ayant pas forcément identifié cette “fibre en eux”.

Pour reproduire cette expérimentation, rien de plus simple, il suffit de transférer le document. Ce quizz pourrait être agrandi, approfondi, thématisé. L’objectif initial était de créer une porte d’entrée. Mais cette porte pourrait être retravaillé. Dans l’état, ce quizz peut d’ors et déjà être utilisé.

Pour accéder au quizz : cliquer ici.